Scandale à Mbongo : un élève de 16 ans emprisonné pour un graffiti !

Moulel Marcel

Le lycée bilingue de Mbongo est sous le choc : un élève de 16 ans, Moulel Marcel, croupit en prison depuis hier pour avoir simplement écrit son nom sur un mur de l’établissement. Une sanction disproportionnée qui soulève l’indignation au Cameroun et interroge sur les dérives autoritaires de certains proviseurs.

10 seaux de peinture ou la prison : le choix impossible

Moulel Marcel, élève sans histoires, s’est rendu hier au lycée bilingue de Mbongo pour récupérer son bulletin. Sur place, le jeune homme se laisse aller à un geste anodin : inscrire son nom sur un mur. Un graffiti de trop pour la proviseure Mme Bakop Cécile, qui a aussitôt appelé les forces de l’ordre pour qu’ils interpellent l’adolescent.

Depuis, Moulel Marcel, 16 ans, est derrière les barreaux. Le motif ? Avoir refusé l’odieux chantage de la direction : payer 10 seaux de peinture contre sa liberté. Une punition complètement disproportionnée qui heurte parents d’élèves et défenseurs des droits de l’enfant.

Un règlement intérieur moyenâgeux

Pour certains, la proviseure Mme Bakop ne ferait qu’appliquer un règlement intérieur absurde et liberticide. Car au lycée bilingue de Mbongo, les « crimes » et châtiments ont un goût de moyenâge :

  • Escalader le mur : 10 sacs de ciment
  • Écrire sur une table : 10 tables-bancs à acheter
  • Écrire sur un mur : 10 seaux de peinture

« Avec un tel règlement, on marche sur la tête », s’offusque Me Kamdem, avocat contacté par 237online.com. « Depuis quand des graffitis innocents valent la prison à 16 ans ? Que fait le ministère de l’Éducation face à ces dérives ? »

Une affaire qui en dit long sur le système éducatif camerounais

Pour de nombreux observateurs, l’affaire Moulel Marcel illustre les travers d’un système éducatif camerounais gangrené par l’autoritarisme. « Certains chefs d’établissement se croient investis de pouvoirs exorbitants et bafouent allègrement les droits des élèves », analyse un syndicaliste qui a requis l’anonymat.

Un avis partagé par le Dr Fokam, psychologue pour adolescents : « Emprisonner un mineur pour un graffiti envoie un message désastreux. C’est criminaliser à outrance nos jeunes, au risque de les braquer contre l’institution scolaire ».

Les regards sont désormais braqués sur les autorités éducatives. Vont-elles enfin se saisir du dossier pour que Moulel Marcel retrouve sa liberté ? Et surtout, mettront-elles fin aux dérives autoritaires dans certains lycées ? Les élèves camerounais attendent des réponses concrètes. Et vite.

Par Cédric Fokoua pour 237online.com

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