Le 1er juillet 2024 marque un tournant radical dans le système de santé camerounais. Une nouvelle réglementation, aussi controversée qu’inattendue, entre en vigueur : désormais, impossible d’acheter le moindre médicament sans ordonnance. Cette mesure, censée apporter un vent de rigueur dans le secteur pharmaceutique, soulève une tempête de protestations. Plongée dans une réforme qui divise le pays.
Le choc des ordonnances : une pilule difficile à avaler
Du jour au lendemain, les Camerounais se retrouvent face à un mur invisible mais bien réel : celui de l’ordonnance obligatoire. Fini le temps où l’on pouvait se procurer un simple paracétamol au coin de la rue. Désormais, chaque comprimé, chaque sirop, chaque pommade nécessite l’aval d’un médecin. Une situation qui provoque l’ire de nombreux citoyens.
« C’est du grand n’importe quoi ! », s’exclame Marthe, mère de famille à Douala. « Comment vais-je faire quand mon enfant aura de la fièvre en pleine nuit ? Attendre des heures aux urgences pour une ordonnance de Doliprane ? »
Les autorités sanitaires sur la défensive
Face à la grogne populaire, le Ministère de la Santé tente de justifier cette mesure drastique. « Notre objectif est de lutter contre l’automédication et ses dangers », explique le ministre. « Trop de Camerounais jouent aux apprentis sorciers avec leur santé. Il était temps d’agir.«
Mais cet argument peine à convaincre. Sur 237online.com, les commentaires fusent : « Et les déserts médicaux, on en parle ? », « Encore une mesure pour les riches qui peuvent se payer des consultations à tout-va ! »
Les pharmaciens entre le marteau et l’enclume
Pris en étau entre les directives gouvernementales et la colère des clients, les pharmaciens se retrouvent en première ligne. « C’est l’enfer », confie Aminatou, pharmacienne à Yaoundé. « Les gens ne comprennent pas qu’on ne peut plus leur vendre certains médicaments. On passe notre temps à s’expliquer, voire à se disputer. »
Le marché noir des ordonnances, nouveau fléau ?
Ironie du sort, cette mesure censée assainir le secteur pourrait bien avoir l’effet inverse. Des rumeurs de trafic d’ordonnances commencent déjà à circuler. « On m’a proposé des ordonnances vierges contre de l’argent », témoigne anonymement un étudiant sur 237online.com. Une dérive qui inquiète les autorités, conscientes du risque de voir émerger un marché parallèle.
Face à ce tollé, certaines voix s’élèvent pour demander un assouplissement de la mesure. Il faut établir une liste de médicaments d’usage courant qui resteraient en vente libre.
Et maintenant ?
Alors que le pays s’enfonce dans la controverse, une question brûle toutes les lèvres : le gouvernement va-t-il reculer ? Pour l’heure, les autorités campent sur leurs positions. Mais combien de temps tiendront-elles face à la pression populaire ?
Cette réforme, aussi brutale qu’inattendue, met en lumière les failles d’un système de santé camerounais à bout de souffle. Entre bonnes intentions et réalités du terrain, le fossé semble se creuser. Une chose est sûre : le débat sur l’accès aux soins et aux médicaments au Cameroun ne fait que commencer.
Par Éric Sakam pour 237online.com
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