Attrapés en flagrant délit de vol de bons de carburant, ils étaient en détention à la prison militaire quand deux d??entre eux se sont évadés. ??Le voleur ne vient jamais de loin ??. Le colonel Sonkeng, chef de service
des essences de l??Armée et de la Gendarmerie en sait quelque chose. Les sergents Egoube et Edengele, et les caporaux chef Ambadiang et Foba, quatre militaires en service à l??Etat-major de l??armée de l??air, ont été reconnus coupables de vol de bons de carburant et d??argent liquide dans son bureau de la base aérienne de Mvan à Yaoundé. Les faits remontent à novembre 2008. Las de constater chaque matin que des bons de carburant ont disparu de ses tiroirs et parfois de l??argent liquide, le colonel Sonkeng met en place un stratagème, aidé par les possibilités qu??offrent aujourd??hui les nouvelles technologie : un système d??alarme qui relie son bureau à son domicile. Désormais, chaque fois qu??il aura fermé son bureau et qu??il rentre chez lui, la moindre intrusion forcée lui sera signalée directement.Selon nos sources, il ne s??est pas produit une semaine après l??installation du système que les quatre acolytes organisaient ce qui était probablement leur énième forfait. Ils ne se douteront de rien jusqu??à ce qu??ils soient surpris en flagrant délit, ?? la main dans le sac ?? par le colonel qui a accouru au signal de l??alarme et qui s??est fait accompagner des éléments de la gendarmerie et de la sécurité militaire.Etat-majorEn fait, ces quatre éléments qu??il côtoyait tous les jours faisaient partie du personnel qui, de manière rotative, assurait la garde du bâtiment, et connaissaient l??importance stratégique de ce bureau logé à l??Etat-major et qui brasse, en terme de carburant et parfois d??argent liquide, un budget en milliards de Cfa. Et ils officiaient très souvent en tant que chef de poste de garde. Les quatre mousquetaires ont ainsi été conduits aussitôt à la sécurité militaire puis à la prison militaire où ils attendent d??être jugés pour leurs forfaits. Selon les premières informations ayant filtré de leur ?? exploitation ??, il ressort qu??ils avaient l??habitude de passer par une ouverture au-dessus d??un mur de séparation pour accéder au bureau du colonel. Ce dernier constatait la disparition des bons de carburant du lot placé sous sa gérance. Après une plainte déposée à la brigade de gendarmerie de Mvan, le colonel a donc piégé son bureau. Pour le résultat que l??on sait.Il ne restait plus au colonel qu??à passer un coup de fil à la gendarmerie qui se déporte immédiatement sur les lieux. La capture est effectuée; sonnant le glas pour les trois hommes en tenue. Au terme de 11 années passées sous les drapeaux. Leur entourage professionnel avait remarqué depuis un certain temps leur train de vie et leur conduite peu commode par rapport à la discipline militaire. Leurs ??chefs??, témoignent certains de leurs compagnons d??arme, étaient devenus leurs petits copains parce qu??ils leur accordaient quelques faveurs en carburant, en argent ou en boissons. ??Tu imagines un caporal qui tapote un capitaine???, se désole un camarade des ex-militaires pour s??en étonner. Le masque est tombé avec leur mise aux arrêts.Au moment où nous procédions aux derniers recoupements de cette information, une source nous a indiqué que deux des quatre militaires se seraient évadés de la prison militaire depuis deux semaines. Une information que nous n??avons cependant pas pu vérifier auprès d??autres sources à la sécurité militaire.Célestin Obama




