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Retrait de la Can 2019 au Cameroun : L’association des clubs de football va saisir le Tas

L’association des clubs de football amateurs du Cameroun (Acfac) va déposer une requête contre la décision de la Caf dans les prochains jours.

La décision du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (Caf) du 30 novembre dernier à Accra, retirant l’organisation de la Can 2019 au Cameroun continue à faire des gorges chaudes. Les Camerounais ne la digèrent pas toujours et y réfléchissent profondément. C’est le cas des membres de l’Association des clubs de football amateur du Cameroun (Acfac) qui ont tenu une réunion extraordinaire hier à Yaoundé. « Le bureau exécutif de l’Acfac, après avoir examiné les chances du Cameroun d’obtenir gain de cause devant le Tas (Tribunal arbitral sur sport, ndlr), a décidé à l’unanimité des membres présents et représentés, de mobiliser l’ensemble de ses membres sur l’étendue du territoire pour contester la décision de retrait abusif de l’organisation de la Can 2019 au Cameroun, prise par le Comité exécutif de la Caf, le 30 novembre 2018 », décident les membres présents hier à cette rencontre de Yaoundé.

L’Acfac parle du caractère Inique et arbitraire de cette décision. « Le gouvernement n’a signé aucun papier avec la Caf, contrairement à une certaine opinion. Tout est lié à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), et donc à ses membres. C’est par un document qu’on a envoyé l’organisation de la Can 2019 à la Fécafoot. Et à chaque fois quand la Fécafoot avait besoin de garantie du gouvernement, elle allait les chercher et les produisait dans les dossiers. Si par exemple, on dit que la Fécafoot doit garantir une somme de deux milliards FCfa, la Fécafoot se retourne vers le gouvernement et le ministre des Finances va vers le Premier ministre. Donc, il n’y a pas de lien direct, pas de contrat. C’est la Fécafoot. C’est pour cela qu’aujourd’hui, il appartient à la Fécafoot d’attaquer cette décision », explique Abdouraman Hamadou. Sauf que le président d’Etoile Filante de Garoua pense que la connivence entre la Fécafoot actuelle et la Caf n’inspire pas confiance. « Nous sommes dans une situation où il y a un Comité de normalisation qui a été nommé par la Caf et la Fifa. N’oubliez pas l’article 8 alinéa 2 des Statuts de la Fifa, qui dit que la Fifa met en place un Comité de normalisation en collaboration avec la Confédération concernée. Donc, en Afrique, c’est la Caf. Vous avez vu le comportement de Me Happi. Il agit, respecte, écoute la Fifa. Pour lui, ses patrons, c’est la Fifa et la Caf. A quelques jours de leur départ, nous avons des doutes sur leur loyauté, parce qu’ils ont des patrons. Ils ont démontré cela pendant tout ce temps. Ils écoutent la Fifa ; ils sont nommés et imposés par la Fifa. Des gens comme ça ne sont vraiment pas capables de défendre les intérêts du Cameroun. Ce sont certes des Camerounais, mais ce sont des entités externes qui les ont nommés et qui les ont imposés au Cameroun », pense Abdouraman. Sauf intervention de l’Etat Sur la question de savoir si l’Acfac a l’onction du gouvernement pour agir, le président d’Etoile Filante estime qu’il est d’abord question de contester la décision dans les délais, soit dix jours au plus tard après la décision par prudence. « Nous avons toutes les chances en introduisant une mesure provisionnelle urgente devant le Tas, d’obtenir la suspension de cette décision. Mais aussi, le seul fait qu’on introduise un recours va mettre l’hypothèque sur tout ce que la Caf est en train de faire aujourd’hui. Elle veut rouvrir une procédure de candidature. Quel est le pays qui va accepter de venir prendre une Can où il y a des problèmes devant la justice ? Etant devant la justice, ils auront des problèmes pour trouver des repreneurs.

En sept mois, même si c’est le Maroc, ils ont besoin de mettre une organisation en place comme celle du Coupe d’Afrique des nations ». La seule possibilité de ralentir l’Acfac dans son élan de saisine du Tas est une intervention de l’Etat. « Si ceux-là qui président aux destinées du Cameroun nous demandent de laisser tomber, ils ont leur raison. Ils ont des informations que nous n’avons pas. Ils sont mieux placés pour défendre les intérêts du Cameroun que nous. A ce moment-là oui. Mais, nous sommes dans le sport et nous agissons en tant que sportifs, acteurs du football, membres de la Fécafoot ». L’honneur du Cameroun mérite d’être lavé. Pour l’Acfac, il faut contester cette décision, montrer notre désaccord, parce que si on accepte, ça voudrait dire qu’on acquiesce qu’on est en tort et nous jetons l’opprobre sur nous-mêmes.

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Achille Chountsa
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