René CREMONESE : « Le Cameroun peut s’inspirer du model canadien pour résoudre la crise dans les régions anglophones »

Reçu par le club des journalistes politiques du Cameroun ce 21 février 2017, le haut commissaire du Canada au Cameroun s’est exprimé sur des questions de sécurité, de développement (…), avec un point d’honneur sur les exploits réalisés par son pays pour assurer une coexistence pacifique à sa population aux multiples cultures.
Il est 13 H quand débute ce café politique à l’initiative du Club des Journalistes Politiques du Cameroun. Interrogé au sujet de l’expérience du bilinguisme et de l’intégration nationale au Canada, René CREMONESE, l’invité du jour, se remémore de cette époque lointaine (années 1960) où une fronde sociale des plus immaitrisables s’empara du Canada. Il se souvient que cette révolte qui deviendra plus tard un mouvement sécessionniste était initiée par des québécois (francophones) mecontents de la discrimination dont était sujette la minorité francophone à plus d’un titre au pays au profit de la majorité anglophone. Les francophones se plaignaient de l’inégalité dans l’usage du français et de l’anglais autant que de la répartition des hautes fonctions entre autres. A l’image du Canada, le français et l’anglais sont les langues officielles usitées au Cameroun par plusieurs strates de la population. Comme au canada en 1960, le Cameroun traverse justement à cette heure une période de crise qui n’en finit pas du fait de la cohabitation difficile. Au cadre canadien d’indiquer que le Canada a eu plus d’un atout pour ne pas succomber à cette tentative de morcellement, il a eu les armes efficaces pour la stabilité et l’unité qui se veulent son ADN à ce jour.

Le Canada est un pays fédéral
Le fédéralisme est l’une des solutions qui auront permises au Canada de ménager les rapports entre les différentes colonies présentes sur son sol, car consacre le partage des pouvoirs entre les gouvernements fédéraux  et  les dix assemblées législatives provinciales et territoriales. Chaque palier est souverain en ce qui concerne certaines compétences législatives, alors que d’autres compétences sont partagées ce qui a été essentiel à la coexistence des communautés francophones et anglophones.  

Le bijuridisme
Le bijuridisme législatif canadien est l’un des  moyens  primordiaux  pour la construction du canada uni malgré les nombreuses disparités au plan de la loi. En effet, Ce dualisme juridique en vigueur au Canada tient compte du droit civil et de la common law, au regard de leur développement et de leur évolution dans chacune des provinces. A l’évidence, le bijuridisme représente une manière d’assurer une meilleure application de la législation fédérale à travers le Canada, d’un océan à l’autre.

La Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme
Dans la mosaïque des initiatives à succès du canada l’orateur a finalement évoqué la création de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme par le gouvernement canadien de Lester B. Pearson le 19 juillet, 1963 avec le mandat de « faire enquête et rapport sur l’état présent du bilinguisme et du biculturalisme, et de recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d’après le principe de l’égalité entre les deux peuples qui l’ont fondée, compte tenu de l’apport des autres groupes ethniques à l’enrichissement culturel du Canada, ainsi que les mesures à prendre pour sauvegarder cet apport ». Une tache qui prit quatre années aux membres de cette commission. Le rapport  et ses recommandations vont être  publiés en 1969. Cette égalité sinon la biculturalité prônée au Canada s’impose désormais même à la classe dirigeante car il est impératif pour un tel d’être parfaitement bilingue avant d’espérer se voir porté à une haute fonction. Si on peut être tenté d’affirmer que le Cameroun a fait un pas dans la direction du Canada avec la création récente de la commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme René CREMONESE a précisé dans le courant des échanges que l’exemple canadien ne saurait être la panacée pour le Cameroun « chaque pays doit adopter une forme d’état qui est en rapport avec ses réalités sociales, historiques et politiques » a-t-il précisé.    
Plusieurs autres sujets notamment, ceux relatifs à la coopération économique, la sécurité entre autres vont être abordés le temps des différents  panels animés par des journalistes de la presse nationale et internationale qui auront avec professionnalisme détouré le flou autour de toutes leurs incertitudes pour ce qui est de la coopération bilatérale Cameroun-Canada. A chaque fois le cadre canadien va se montrer pertinent et confiant.  
Après  Maurice KAMTO, John FRU NDI, Bernard Njonga, MIKI ARBEL (l’ambassadeur d’Israël au Cameroun), René CREMONESE le 5ème l’hôte du club des journalistes politiques du Cameroun dans le cadre de son « café politique » a été reçu ce 21 février 2017. Il est depuis trois ans le haut commissaire du canada au Cameroun et est par ailleurs l’ambassadeur du Canada au Gabon et en République Centre Africaine. Le prochain invité de cette joute intellectuelle sera assurément Pierre Ismaël BIDOUNG KPWATT, le Ministre camerounais des sports et de l’éducation physique.    
 
Romulus Dorval KUESSIE, 237online.com

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