Le veuvage demeure un défi social et économique au Cameroun. C’est le constat qui a réuni hier à Yaoundé le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, autour d’un atelier de validation de l’étude actualisée sur la situation des veuves. Un dossier qui traîne depuis des années, mais qui semble enfin trouver un cadre institutionnel sérieux.
Un atelier pour transformer les constats en politique publique
Le bâtiment annexe du Minproff a accueilli hier les travaux de présentation et de validation de cette étude. Les assises étaient présidées par la ministre Marie Thérèse Abena Ondoa. Elles ont réuni les responsables du ministère, des partenaires techniques et des veuves elles-mêmes.
Cette rencontre visait à enrichir le document avant son adoption comme référence nationale. En ouvrant les travaux, la ministre a rappelé que le veuvage constitue « un véritable enjeu social » au Cameroun. « Cette étude permettra de mieux comprendre les réalités vécues par les veuves afin d’orienter les politiques publiques et de proposer des stratégies adaptées pour améliorer leur bien-être et leur intégration sociale », a-t-elle déclaré.
Elle a aussi insisté sur la nécessité de disposer de statistiques fiables. Le but, mieux défendre la cause des veuves auprès des partenaires nationaux et internationaux. Franchement, on ne peut pas construire de vraies politiques sociales sans données solides, et c’est précisément ce qui manquait jusqu’ici.
Le directeur de la Promotion et de la Protection de la Famille et des Droits de l’enfant, Élie Nguele Meyanga, a précisé que cette étude servirait de base à la mise en œuvre d’actions concrètes. « C’est un outil de recherche destiné à mieux connaître les conditions de vie des veuves. Les résultats serviront à élaborer des programmes et des projets concrets en leur faveur », a-t-il expliqué.
Des veuves enfin au centre des politiques publiques ?
Difficile de ne pas y voir un tournant après des années où la question du veuvage restait marginale dans les débats publics camerounais. Les participants à l’atelier ont formulé des observations et des amendements destinés à enrichir le rapport final.
Une fois validé, ce document de référence permettra au Minproff de disposer de données actualisées pour orienter les politiques publiques en faveur des veuves. L’objectif affiché est de renforcer leur protection ainsi que leur autonomisation économique.
On ne sait pas encore quand ce rapport sera officiellement publié ni quelles mesures concrètes suivront. Mais l’initiative marque un pas, même s’il reste à voir si les recommandations seront réellement appliquées sur le terrain, à Douala, Bafoussam ou dans les zones rurales où les veuves restent souvent les plus vulnérables.
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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