Société

Procès de Ayuk Tabe et Cie : la dissension sur la langue conduit à un nouveau report

Ce troisième report consécutif du procès en appel Sisiku Julius Ayuk Tabe, et ses neuf coaccusés, survient alors qu’on n’est pas encore dans le fond du procès.

Le procès de Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses neuf coaccusés a été à nouveau reporté hier 16 juillet à la Cour d’Appel du Centre à Yaoundé. Le leader séparatiste anglophone et ses camarades avaient été arrêtés en 2018 au Nigéria, puis extradés vers le Cameroun où ils ont été condamnés à la prison à vie, l’an dernier. La prochaine audience aura lieu le 20 août prochain. Ce nouveau report est dû à un point de blocage, notamment la langue qui est utilisée à audience. Comme en première instance, Ayuk Tabe et ses compagnons de lutte pour l’Etat virtuel d’Ambazonie exigent d’être entendus en anglais. Or la Cour d’Appel du Centre n’était hier jeudi 16 juillet, composé que de francophones.

Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses coaccusés ont purement et simplement refusés de se lever lorsque le président de la Cour leurs a demandé en français de venir à la barre. Impossible pour eux ont-ils fait savoir d’accepter de comparaître dans une autre langue que l’anglais. Une revendication légitime estime Maître Emmanuel Simh, l’un des avocats de la défense, « parce que nous avons un pays bilingue et que la loi camerounaise prévaut que les personnes accusées doivent être entendu et jugé dans la langue qu’il maîtrise le mieux. Mais la question qui est posée aujourd’hui au Cameroun, c’est celle de l’égalité qui est prévue par loi entre la langue française et la langue anglaise. On a tendance à privilégier l’une des deux langues, et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle nos frères et compatriotes anglophone se sont mis en rebellions ».

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Face à ce blocage, la Cour a considéré que les accusés ne s’étaient pas présentés, et a donc renvoyé le dossier. Il faut dire que c’est déjà le troisième report dans cette procédure, et il pourrait encore s’écouler de longues semaines avant d’en arriver au fond. La défense avait déjà annoncé qu’elle réclamerait comme en première instance, sans préalable le renvoie des accusés au Nigéria où ils avaient été arrêté.

Pour mémoire, il est à rappeler qu’il a un an, une Cour d’Abuja avait jugé que leur extradition vers le Cameroun était illégale dans la mesure où ils avaient obtenu le statut de réfugié.

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