Un poste radio d’occasion acheté au début des années 80, et 43 ans de prison payés cash. C’est l’histoire de Fabien Tsafack, aujourd’hui doyen des détenus de la prison de Dschang. Entré à 22 ans pour recel présumé, il en a 65 aujourd’hui. Son dossier a disparu pendant des décennies avant de ressurgir avec une mention de perpétuité. Franchement, difficile de ne pas y voir une faille grave dans la chaîne judiciaire.
Quand un dossier judiciaire s’évapore pendant 40 ans
Mécanicien de formation, Fabien Tsafack est arrêté à Dschang pour recel après l’achat d’un poste radio d’occasion. Son dossier judiciaire s’égare ensuite pendant plusieurs décennies. Personne ne s’y est vraiment opposé à l’époque, ni l’administration pénitentiaire ni la justice locale, et l’affaire tombe dans un silence administratif total.
Quand le dossier ressurgit enfin, la surprise est amère : une condamnation à perpétuité y figure, sans que l’accusé ait pu réellement se défendre sur la durée. En détention, il apprend la cordonnerie pour survivre, ce petit métier lui permet de manger tant bien que mal car il a perdu ses parents, ses frères et sœurs et aussi ses grands-parents durant ces années.
Un espoir tardif devant la justice
Ce dossier aurait pu rester enterré comme tant d’autres dans les prisons camerounaises surchargées. Mais Maître Fabien Kengne, avocat, s’en est saisi il y a quelques mois. L’affaire est repassée devant un tribunal, une audience que plus personne n’attendait.
Combien d’autres détenus attendent encore, comme lui, qu’on retrouve leur dossier au fond d’une armoire administrative ? Le chiffre fait mal quand on sait qu’une vingtaine d’années de détention avait déjà été jugée disproportionnée dans des affaires comparables ailleurs au pays.C’est un dossier qui interroge tout un système. On attendait mieux depuis longtemps sur le traitement des dossiers pénaux camerounais.
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