Pollution : Les déchets plastiques ont mal à leur traitement

Abandonnés à l??air libre ou sur le lit des cours d??eau, ils inondent Yaoundé alors que des experts du Cipre disent qu??ils sont générateurs de revenus.Yaoundé, la capitale du Cameroun était un vaste dépotoir il y a quelques années. Depuis quelque temps, la ville en dépit des changements visibles, peine à gérer ses déchets plastiques notamment. Selon les experts du Centre international de promotion et de la récupération (Cipré), «les déchets plastiques inondent nos villes et échouent dans bien des cas dans les cours d??eaux, ils sont responsables d??une part importante de la pollution urbaine. Ils ne pourrissent pas et causent des dégâts

multiformes (sanitaires, environnementaux, etc.) dans les quartiers défavorisés. L??accumulation de ces ordures ménagères dans les quartiers, avec forte présence des déchets plastiques, causent de sérieuses menaces pour l??environnement et la santé».Généralement contenus dans les ordures ménagères, les déchets plastiques survolent la ville en temps de pluie et de plus en plus en cette période de sécheresse. Dans bien des pays, les normes de traitement des ordures prévoient le tri par type. «Un peu partout dans le monde aujourd??hui, on n??abandonne pas les déchets n??importe où. Généralement trois récipients sont mis à disposition pour le ramassage des déchets. Il s??agit du papier, du plastique et des autres déchets organiques. Cette prédisposition à la sélection prédispose au traitement. Ceux non biodégradables comme c??est le cas du plastique, font l??objet d??une gestion particulière. Dans certains pays, il existe des appareils de broyage qui peuvent donc, à l??occasion, les réduire en poussière», explique l??expert en audits environnementaux, Jean Marie Eyete.TraitementsDe son côté, Médard Kom Simo soutient qu??ils peuvent «être rentables et sources de revenus. Il ne s??agit pas d??emblée d??en faire une source de recettes à grande échelle. Nous voulons dire que cette activité peut ne pas être de niveau industriel. Mais qu??ils ont une très grande valeur et pour les couches défavorisées». Le Cipré esquisse des perspectives de traitement de ces déchets; notamment pour la composante plastique des déchets. «Il s??agit d??une composante qui ne se détruit pas du fait de l??abandon ou de l??entassement dans un fumier. On dit d??eux de ce fait, qu??ils ne sont pas biodégradables. Dans certains pays, ils sont traités par enfouissement. Une approche jugée longue par les schèmes modernes de gestion des ordures», relève Paul Eric Abang un autre auditeur. Sous l??effet du vent, les emballages plastiques se disséminent rapidement dans la nature.Il arrive qu??ils dégagent des fumées toxiques (gaz à effet de serre) lorsqu??ils sont incinérés de manière incontrôlée. Ils causent de ce fait, de graves dangers pour l??environnement, l??homme et le bétail. «Au niveau humain, quant on y met le feu comme c??est le cas généralement sur de vieilles roues de voitures ou sur des seaux ou couvercles de polyvinyle chlorure, la fumée qui en résulte dégage un gaz carbonique (Co2) qui cause à la longue des maladies tels que: Le cancers des poumons et les autres infections pulmonaires. Au niveau environnemental, la convulsion des plastiques dégage les gaz à effet de serre qui détruisent la couche d??ozone et l??accélération du changement climatique», explique Médard Kom Simo. D??après nombre de professionnels du secteur de l??environnement, l??accumulation de ces déchets dans les bas fonds, égouts, rivières et caniveaux, bouche les canaux d??évacuations des eaux et cause des inondations dans les centres urbains. Cette situation est à l??origine de la dégradation de l??eau dans les rivières d??où il se dégage des odeurs nauséabondes.Pour ComprendreLa récupération selon le Cipré«Nous intervenons dans des quartiers ciblés d??avance, qui sont défavorisés en l??occurrence, auprès des jeunes, femmes, associations, artisans récupérateurs, promoteurs de microréalisations et les organisations urbaines à la base auprès desquels nous menons des campagnes de sensibilisation. Avec ces différentes composantes de la société, nous identifions un endroit indiqué pour abriter le poste de collecte et c??est à cet endroit que nous venons récupérer les déchets un jour précis de la semaine», indique M. Simo.Des quartiers sont également ciblés dans toute la ville pour la collecte qui a cours généralement les après-midi. Dans chaque arrondissement de la ville de Yaoundé il y a un point de collecte arrêté d??accord parties avec les populations des quartiers visés. Les déchets ainsi entassés, sont achetés par kilogramme à 50Fcfa. Cependant que les babouches ou purs plastiques reviennent à 100Fcfa le kilogramme.Le stagiaire du projet «Cité propre», Caroline Madjoukouo soutient que le processus se poursuit par leur exposition au siège du Cipré à Etoug-Ebé où «nous procédons au traitement qui consiste au nettoyage des déchets et à leur conditionnement qui passe par leur coupe. Une fois le conditionnement effectué, nous les mettons en salle pour que, le moment venu, nous les exposions».Léger Ntiga et Carine Marthe Guiliyack

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