Politisation du barreau du Cameroun: Le masque est tombé

Barreau Cameroun

Le conseil de l’ordre des avocats va-t-il frapper les Avocats devenus subitement militants en toge au domicile de Maurice Kamto?

Pourtant, tous ou presque ont observé une semaine de grève du 30 Septembre au 4 Octobre dernier sous de fallacieux prétextes. Aujourd’hui, la motivation se dévoile malgré la fuite en avant du Président de l’ordre.
L’mage a fait le tour de la toile. On y voit clairement Maurice Kamto, dans une gandoura bleue, au milieu de plus d’une vingtaine d’Avocats en tenue de travail. « Une tenue sacrée ». La photo a été prise dans la cour d’un domicile privé. Les raisons réelles de cette pause avec le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) n’ont pas été communiquées, mais décline dans leur entièreté les motivations réelles.

Il est aujourd’hui clair qu’une création de la branche ou de division du Barreau du Cameroun, par le candidat malheureux à la dernière présidentielle du 07 octobre 2018 existe et se dévoile. Nous dira-on que, sur les 15 membres du conseil de l’ordre combien sont-ils membre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun ? Et les 12 votants de la dernière décision de grève des avocats ne sont-ils pas membres de ce parti politique ? Quid du boycott de ces membres du conseil à la réunion du président du conseil convoqué un dimanche15 septembre ?

Pour se faire bonne conscience à bon compte parce que les avocats, dans leur ensemble, avait rejeté la résolution du 31 août 2019 dès lors qu’un
groupuscule de personnes ne peut pas se substituer à l’ensemble du Barreau du Cameroun, encore que les missions du Conseil de l’Ordre des avocats ont été largement dépassées, Me Charles Tchakoute Patié avait convoqué en catimini une session extraordinaire du Conseil de l’Ordre le dimanche 15 septembre 2019.

Cette photo devenue virale sur les réseaux sociaux n’a pas du tout plu au président de l’Ordre des Avocats du Cameroun. Le Bâtonnier de l’Ordre,
Me Charles Patie Tchakounte, dans un autres communiqué daté du 18 octobre dernier, rappelle que « les Avocats ne peuvent revêtir leur robe
qu’à des occasions consacrées par les usagers et traditions séculaires ». Il ajoute : « Les domiciles privés ne sont d’aucune façon les lieux où
la robe d’Avocat peut être portée, sauf situations très particulières sur autorisation expresse et préalable du Bâtonnier ». Pour le président de l’Ordre, « la photo en cause désacralise la robe-attribut et symbole essentiels de la profession d’Avocat, ce que je réprouve avec une extrême fermeté ».

La sortie du Bâtonnier Patié est donc claire : les Avocats qui se sont filmés avec Maurice Kamto dans la cour d’un domicile privé n’auraient pas dû
le faire. Mais le plus important pour moi est de savoir : Le Barreau du Cameroun est-il tribalisé et politisé ?
Quelles sanctions méritent ces Avocats hors-la-loi ? Pourquoi se laisser prendre dans le piège de la mauvaise foi politicienne ! Comment peut-on prétendre qu’on aurait perdu de vue la symbolique de cette robe qu’arborent tous les serviteurs de la justice et de la connaissance ? Au moment de la grève, certains avocats s’étaient empressés des déclarations dans les médias sur les sanctions qui doivent être prises contre les avocats patriotes qui avaient décidé d’assuré un service minimum. Ou sont-ils aujourd’hui pour fustiger cet autre comportement flagrant des membres du barreau qui ont laissé tomber le masque en piétinant publiquement la doctrine de l’avocature ?

Les robes c’est dans les temples et les palais !

Un citoyen averti, Jean Paul Kiam, dans sa page facebook, a laissé entendre que, sa solennité et sa sacralité s’imposent comme des impératifs qui interpellent tous ceux qui la portent ! L’homme revêtu de la robe n’est plus un homme ordinaire. L’instant du port d’une toge est l’instant le plus grave dans la vie des serviteurs de la justice. Un instant qui les plonge dans le poids des actes qu’ils auront bientôt à poser de par leur qualité retrouvée.

De par la robe qu’ils arborent ils deviennent les fils de Jupiter. Des immortels qui savent se mettre au-dessus des phénomènes et ne saisir dans la neutralité qui les caractérise, que cette vérité impossible pour les mortels. De leurs bouches s’échappe avec froideur la sagesse. Ils professent la pureté. D’où la blancheur du rabat…

Leurs serments respectifs est une litanie dont la sacralité est rehaussée par la robe qu’ils portent et dont la sémiotique finit par convaincre de la
délicatesse et de leur appartenance à la caste des seigneurs…
Comment donc concevoir des seigneurs se vautrant dans les immondices temporelles ?
Comment les imaginer tous ivres arborant ce qu’il y a de plus sacré dans l’imaginaire du commun des mortel ?
Messieurs mettez vos symboles à l’abri avant de vous jeter dans l’arène des frustres !!!

PROTÉGER VOTRE PROFESSION ET LA JUSTICE !

Je reste cependant convaincu que lorsque ces alchimistes illuminés auront foulé des pieds toute la sacralité du judiciaire, en s’éloignant comme ils le font de leurs palais, ils se rendront alors amèrement compte que c’était cette robe sacrée qui était le gage de leur respectabilité. Ils découvriront alors que devenus aussi ordinaires que vulgaires, ils ne seront plus dans la conscience populaire les gardiens de la vérité, de la connaissance et de l’infaillibilité qu’ils étaient.

Le mythe aura été par eux détruit. Et à ce moment-là seulement, surtout dans l’opprobre dont ils seront couverts, nous tous, acteurs de cette
justice, nous essayerons enfin pour constater les dégâts de cette défiance à l’ordre social qu’ils n’auront réussi à construire en faisant des
fuites en avant.

L’argument de l’agenda caché est ainsi trouvé sans effort d’analyse particulier, les faits parlant d’eux-mêmes. Il est ainsi relevé de plus en plus que le Barreau du Cameroun se comporte comme un parti politique de l’opposition ; la majorité de ses membres, du reste originaires pour la plupart de la même aire géographique, ne dissimulent plus leur sympathie pour le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti de Maurice Kamto. Mais le faire en foulant au pied l’éthique et la déontologie de la profession d’avocat prête à interrogation.

L’équation N°338 du Mardi 22 octobre 2019

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