Société

Peuple Feussep – Vivre-ensemble: Bienvenue dans la Communauté Bafoussam de Yaoundé

Du 20 au 28 juillet dernier, les peuples de cette communauté de la région de l’Ouest se sont retrouvés à la maison du parti de Nkolndongo, à l’occasion de leur mini-congrès régional.

La place des fêtes de la maison du parti de Nkolndongo est noire de monde. Les élèves méritants reçoivent des prix et distinction des mains des élites Bafoussam de Yaoundé sous fond de célébration du roi actuel Njitack Njitack Gom Péle, le 97ème Gardien de la tradition Bafoussam en poste depuis le 10 décembre 1988. Avant lui, plusieurs chefs se sont succédés à l’instar des plus célèbres comme : Ta’a Teh-Ngouong, Tagheu, Mambou, Tchomtchoua…Objectif : faire émerger les dirigeants de demain. «On voudrait pouvoir imprégner les jeunes d’un sens profond de l’engagement, tout en leur donnant des compétences pour innover et entreprendre », indique une élite Bafoussam, le visage visiblement décontracté. Et d’ajouter , «la communauté Bafoussam de Yaoundé est ici pour prôner l’ excellence scolaire en octroyant des bourses aux différents candidats ayant réussis aux examens officiels 2019 à savoir les lauréats du Cepe, Bepc, Bac; et célébrer le vivre ensemble en disant non à tous ceux qui veulent déstabiliser le Cameroun » .

Comme si elles avaient devinées que le contexte est particulier, l’association des femmes de la communauté qui compte aujourd’hui 600 membres actifs, chante le vivre-ensemble. Une manière pour elles d’appeler au retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, secouées par une crise sociopolitique depuis 2016. Nous sommes à la cérémonie de clôture du Mini-congrès organisé par la Communauté Bafoussam de Yaoundé où une foule nombreuse s’est rassemblée pour célébrer la culture Bafoussam. A la loge d’honneur, le Représentant du ministre, secrétaire général adjoint des services du Premier ministre (Un fils Bafoussam), le Sous-préfet de Yaoundé IV et les chefs traditionnels, dans leur tenue d’apparat. Sur le côté, les différentes associations.

Ailleurs, les élèves et les autres invités. Mais cette mobilisation ne serait rien sans le dynamisme des organisateurs de ce mini-congrès régional dont la mission est de maintenir les traditions, préserver les intérêts de la communauté, régler problèmes et conflits et rendre compte à qui de droit : Le chef supérieur Bafoussam. Ce jour-là, la majorité semble y trouver son compte, puisqu’elle est ainsi informée de ce qui se passe au village, apprend les subtilités des coutumes et se sent épaulée. Ce d’autant plus que ce mini-congrès se tient en prélude à la 62ème édition de l’Amicale pour le développement socio-économique et culturel de Bafoussam (Adebsam), prévue du 10 au 18 Août 2019 à l’esplanade de la place des danses de la chefferie de Bafoussam. Une semaine de fêtes d’où l’on reviendra « gonflé à bloc ». Cette année, le thème de l’événement est « le peuple Bafoussam face au défi des Tic au 21ème siècle ».

Mais en attendant ce grand rendez-vous de Bafoussam, Yaoundé a d’ores et déjà donné le ton ce 28 juillet 2019 à l’occasion de la cérémonie de clôture du mini-congrès régional. Pendant une semaine, le comité d’organisation présidé par Foguieng Kue Romain, par ailleurs Président de l’Adebsam Centre –Sud, a mis sa machine en branle pour l’éclatante réussite de cet événement annuel. Ainsi, des marches sportives, consultations médicales, tests gratuits du Vih –Sida, Glycémie, Syphilis, Typhoïde, Hépatites A, B et C, ont été organisés à l’intention des populations. Par ailleurs, des prix ont été distribués aux élèves méritants. Tout ça dans un environnement auréolé par des danses patrimoniales du peuple Feussep et des foires expositions. Discrète mais puissante, cette communauté bien intégrée conserve des liens très forts avec sa terre d’origine. L’Elites Bafoussam, à l’instar du Docteur Fotso, appellent tous ceux qui hésiteraient encore de faire partir des leurs de s’ y joindre , en particuliers les fils et filles de Bafoussam , qui ont la chance d’émerger de s’aligner afin d’aller tous ensemble pour un développement meilleur » .

Pour les invités que nous avons pu accoster, la source de richesse de cette communauté suscite bien de fantasme. Pour eux, ces gens-là sont, paraît-il, des commerçants-nés, trait de caractère qu’ils tiendraient de leurs ancêtres. Une douteuse essentialisation qui n’est nullement confirmée par les faits : le peuple Feussep opère aujourd’hui dans les secteurs les plus variés, même si, pour des raisons historiques, le « commerce » reste l’une de leurs activités de base.

Vivre-ensemble

L’occasion faisant le larron, la communauté Bafoussam de Yaoundé n’a pas manqué de se prononcer sur l’actualité. Dans son discours de circonstance, le chef honoraire a mis un accent sur le vivre ensemble .Aussi, il le rappelle en ces termes : « le vire ensemble c’est aussi accepté autrui malgré ses différences ». Ensuite , il ira plus loin en exhortant les jeunes lauréats d’être les fers de lance de la nation : « Il ne suffit pas de réussir mais de bien réussir . C’est dire en clair que nous devrions travailler davantage, afin d’être toujours parmi les premiers .J’invite la jeunesse à œuvrer dans l’ entreprenariat en travaillant pour son propre compte » .

Face à la pression des repris identitaires et de rivalités régionalistes, les différents intervenants à ce mini-congrès ont appelé au vivre ensemble et au respect des institutions de la République. Aussi, nonobstant la colère qui gronde depuis des mois dans les régions anglophones, la communauté Bafoussam de Yaoundé ne pense pas que l’unité camerounaise puisse véritablement se fissurer, puisqu’elle n’a jamais été inquiétée depuis qu’elle est à Yaoundé. Elle est convaincue qu’un sentiment national a fait le ciment de ce pays, véritable melting-pot où cohabitent 250 langues, où deux religions monothéistes se sont accommodées de l’animisme, où les territoires colonisés par les Britanniques se sont joints à ceux administrés par les Français et où les mœurs sahéliennes du Septentrion coexistent avec celles des peuples des forêts méridionales… Voilà ce qui fonde l’identité de la Communauté Bafoussam de Yaoundé. Mais ces derniers mois, le modèle a montré ses limites. Les lignes de fracture sont devenues si marquées que plus personne n’a envie d’en rire. L’arbre de la nation camerounaise cache désormais une forêt de micro-nationalités. À preuve, la multitude d’associations villageoises qui geignent à longueur de temps pour réclamer leur part du gâteau.

En rappel : lors du recensement général des populations de 2005, soit avant la création de la communauté urbaine de Bafoussam en 2008, la population de Bafoussam était la suivante : Bafoussam Ier : 98 339 habitants dont 81 611 pour Bafoussam Ier Ville ; Bafoussam IIe : 121 282 habitants dont 99 524 pour Bafoussam IIe Ville ; Bafoussam IIIe : 81 835 habitants dont 58 152 pour Bafoussam IIIe Ville. Peuple assez organisé et dynamique à l’instar de son chef Njitack Ngompé Pélé, le peuple Fussep (Bafoussam) est doté d’une constitution qui est une annale qui instruit tout Bafoussam dans sa vie au quotidien.

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