Nord-Ouest Cameroun : inquiétude autour de l’ambulancier enlevé avec un sous-préfet

Chi Wilson

Alors que le sous-préfet de Bamenda 2 affirme avoir réchappé à un enlèvement, le sort de son chauffeur reste inconnu près d’une semaine après les faits. La famille de Chi Wilson est sans nouvelles et redoute le pire. Ambiance.

Le calvaire remonte au weekend du 4 février, lors d’une tournée du sous-préfet dans une zone troublée du Nord-Ouest Cameroun. Pris en embuscade par un commando armé, ce dernier aurait réussi à s’extirper de cet épisode traumatisant. Mais son chauffeur et ambulancier n’aurait pas eu cette chance.

Le sous-préfet évoque une évasion rocambolesque

Selon le sous-préfet lui-même, il serait parvenu à tromper la vigilance de ses ravisseurs avant de prendre la fuite. C’est du moins la version officieuse qui a circulé à Yaoundé, évoquant même une improbable « libération » par l’armée.

Difficile cependant de démêler le vrai du faux dans un épisode qui a manifestement tourné au fiasco pour l’administration, sur fond de lutte armée avec des séparatistes dans l’ex-Cameroun britannique.

Le sort de l’ambulancier Chi Wilson inconnu

Mais au delà du récit héroïque du sous-préfet sur son évasion, le sort de son chauffeur Chi Wilson demeure, lui, cruellement incertain plusieurs jours après le drame.

Selon nos informations, ce père de famille qui officiait également comme ambulancier du sous-préfet ce jour-là n’a depuis donné aucun signe de vie, plongeant ses proches dans une inquiétude mortelle.

Craintes sur un possible sacrifice de l’ambulancier

Car dans ce genre d’opérations brutales, les séparatistes ont tendance à épargner les officiels pour en faire des monnaies d’échange, tout en « sacrifiant » généralement leurs subalternes.

Un tragique sort qui pourrait donc avoir été réservé à ce fonctionnaire dont le nom même n’aurait jamais filtré sans l’activisme de proches sur les réseaux sociaux. Preuve des carences de l’administration dans la protection de son propre personnel, selon certains observateurs…

Un climat délétère dans le Nord-Ouest

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle disparition forcée vient rappeler, s’il en était besoin, le climat délétère qui règne dans les régions anglophones du Cameroun, en proie à un conflit sanglant depuis plus de 5 ans.

Malgré les communiqués officiels évoquant une « normalisation », les enlèvements et meurtres ciblés se poursuivent, affectant auchien plus haut niveau de l’administration locale.

De quoi sérieusement douter de la réalité du retour à la paix tant vanté à Yaoundé… au mépris du sort de citoyens ordinaires comme cet ambulancier dont la vie ne semble guère compter.

Par Steve Mbida pour 237online.com

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