Abomo Ngono Rameaux, instituteur et directeur d’école à Meyo, dans le 4e district de Yaoundé, a été interpellé par les gendarmes à Nkoabang ce jour. Il tentait de fuir vers Bertoua, demandant 2 000 FCFA dans un call box pour payer son transport. Au moins 15 victimes mineures ont été identifiées dans des vidéos qu’il aurait lui-même filmées. Il est actuellement en garde à vue à la gendarmerie de Meyo.
L’arrestation d’un prédateur qui opérait en pleine vue
Tout a éclaté avec une vidéo. Une seule, devenue virale en quelques heures, montrant une petite fille d’environ 9 ans en train de subir une agression sexuelle filmée en gros plan, vraisemblablement avec son propre téléphone. La voix de l’homme lui dit : « Ça va aller hein mama, courage, ça va aller. » L’enfant ne répond pas. Le regard absent, tétanisée.
Depuis la diffusion de cette vidéo, les enquêteurs ont identifié au moins 15 victimes âgées de 4 à 14 ans.
Abomo Ngono Rameaux n’était pas un inconnu dans son quartier. Instituteur, maître de chœur, répétiteur, il tenait plusieurs rôles dans sa communauté de Meyo. En août 2025, il avait été licencié du Groupe scolaire bilingue Maxel. Le mois même de son licenciement, une autre école l’avait recruté, sans enquête de moralité, sans casier judiciaire demandé. Rien. Il a continué.

Une première arrestation avait eu lieu après que des parents d’élèves, informés des faits, l’avaient interpellé et roué de coups. La gendarmerie l’avait alors pris en charge. Mais il était ressorti. On ne sait pas encore dans quelles conditions exactes sa remise en liberté avait été accordée à ce stade.
Un vide systémique qui a rendu ce drame possible
Ce qui s’est passé à Meyo n’est pas seulement le fait d’un individu.
Le cas Ngono Rameaux pointe une faille béante dans le système de recrutement des établissements privés au Cameroun, où les agréments se multiplient sans que les vérifications minimales sur le personnel soient imposées. Un enseignant renvoyé d’une école pour comportement grave peut être recruté ailleurs, le même mois, sans qu’aucune alerte ne circule entre établissements. C’est un dysfonctionnement structurel, pas une malchance isolée.
Les familles des victimes attendent maintenant que la justice ne se contente pas d’une garde à vue. L’ampleur des faits, documentés en vidéo, le nombre de victimes identifiées, la récidive après une première interpellation : tout plaide pour des poursuites judiciaires fermes et une détention préventive immédiate.
Pourtant, la question reste entière : combien d’autres structures scolaires au Cameroun emploient aujourd’hui des individus dont personne n’a vérifié le passé ?
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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