Neuf civils tués dans le Nord-Ouest : Des militaires interpellés

militaires camerounais

Quatre militaires ont été interpellés après les évènements survenus le 1er juin 2022 à Missong, dans la Menchum.

Les éléments des forces de défense et de sécurité encore impliqués dans les « massacres » des populations civiles au Nord-Ouest du Cameroun. Dans un communiqué publié ce 7 juin 2022, le ministère de la Défense annonce que 9 civils, à savoir : quatre femmes, quatre hommes et une fille de 18 mois ont trouvé la mort le 1er juin 2022 dans la localité de Missong, département de la Menchum, région du Nord-Ouest. Sur les circonstances de ce drame, le communiqué du ministère de la Défense précise que : « quatre des sept éléments des Forces de défense et de sécurité du sous groupement « Bravo » aux ordres du commandant du 53ème Bataillon d’infanterie motorisée, détachés au poste avancé de Abar, et de retour d’une patrouille, ont immédiatement été redéployés dans le village Missong, en mission de recherche d’un camarade porté disparu.

En pleine nuit de battue, ces derniers vont se heurter à un groupe de villageois survoltés. Dans une réaction inappropriée, inadaptée à la circonstance et manifestement disproportionnée par rapport au refus de coopération des villageois hostiles, et craignant le pire pour eux-mêmes et leur camarade disparu, les soldats, dans une réaction précipitée d’autoprotection, et au mépris du sacro-saint principe de précaution, vont faire usage de leurs armes de dotation »

Les victimes ont été inhumées le 2 juin 2022 par les habitants. Les quatre militaires, auteurs présumés de ces tueries ont été interpellés et sont actuellement détenus à la Compagnie de gendarmerie de Bamenda, à en croire le communiqué du ministère de la Défense. Une enquête a été ouverte par les autorités administratives et judiciaires pour faire la lumière sur ces évènements, survenus dans une zone en proie à une crise sécuritaire depuis plus de cinq ans. Une fillette de 12 mois a été grièvement blessée au cours de cet incident.
Ce n’est pas la première fois que les forces de défense camerounaises déployées dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest soient impliquées dans les cas de meurtre des populations civiles.

Dans la nuit du 14 février 2020, plus de 20 civils ont trouvé la mort dans la localité de Ngarbuh, au Nord-Ouest. Trois militaires soupçonnés d’être les auteurs desdits « massacres » sont jugés devant le tribunal militaire depuis presque deux années. Il y a quelques mois, un gendarme avait tiré à bout portant sur un véhicule dans la ville de Buéa. Une fillette de six ans avait trouvé la mort et le gendarme avait été lynché par la foule. Depuis le déclenchement de la crise anglophone, les organisations de défense des droits de l’homme ne cessent d’attirer l’attention des autorités sur la multiplication des cas de bavure des forces de défense. Selon les Nations-Unies, la crise anglophone a déjà fait plus de 4000 morts. Le Centre des droits de l’homme pour la démocratie en Afrique exige l’ouverture d’une enquête indépendante sur l’incident ayant couté la vie à neuf autres civils. Un drame qui viole le droit à la vie et celui d’être protégé par L’Etat comme cela est mentionné dans la Constitution camerounaise et les instruments régionaux comme la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Prince Nguimbous / 237online.com

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