Moscou apprécie hautement les efforts d’Ankara visant à favoriser les négociations russo-ukrainiennes, a noté lundi dans une interview accordée au journal Aydınlık l’ambassadeur de Russie en Turquie Alekseï Ierkhov.
« C’est pour cette raison que nous avons accepté de mener un nouveau cycle de pourparlers ici, sur le territoire turc« , a souligné le diplomate.
Nonobstant, selon lui, la partie russe se disait préoccupée par l’approvisionnement de l’Ukraine en drones Bayraktar.
Ces dernières années, les drones de combat Bayraktar armés à longue portée de fabrication turque sont exportés par Ankara et sont actuellement en service dans les armées de l’Azerbaïdjan, du Qatar, de la Libye, du Maroc, de la Pologne et de l’Ukraine. Des aéronefs de ce type ont été utilisés dans des opérations de combat au Haut-Karabakh, en Syrie et en Libye.
En répondant à la question de savoir à quoi il fallait s’attendre, Alekseï Ierkhov a dit : « La Russie continuera à veiller à ce que l’Ukraine redevienne un pays amical et démilitarisé, un État où il n’y ait plus de menace de nazisme, ni d’interdiction à la langue et culture russes, à l’église orthodoxe ».
En ce qui concerne les sanctions à l’égard de Moscou, M. Ierkhov a signalé que l’Occident tentant d’étrangler la Russie a ruiné ses propres valeurs. « Désormais, chacun sait que les réserves financières de son pays peuvent être tout simplement volées et des biens saisis. La duplicité de ces gens qui, hier encore, défendaient avec zèle les principes de l’inviolabilité de la propriété privée, de la présomption d’innocence, de la liberté d’expression, ne fait que stupéfaire », a-t-il déclaré en évoquant que l’UE menaçait des civilisations anciennes pour leur faire soutenir les sanctions, exerçait une pression sur d’autres pays, même ceux qui, comme la Turquie, ne étaient toujours pas admis dans l’Union européenne.
Par ailleurs, l’ambassadeur a rappelé que la Russie s’était habituée depuis longtemps à vivre dans le contexte des sanctions.
En répondant à la question de savoir à quoi il fallait s’attendre, Alekseï Ierkhov a dit : « La Russie continuera à veiller à ce que l’Ukraine redevienne un pays amical et démilitarisé, un État où il n’y ait plus de menace de nazisme, ni d’interdiction à la langue et culture russes, à l’église orthodoxe ».
Pour rappel, au terme des négociations russo-ukrainiennes qui se sont tenues la semaine dernière à Istanbul, Vladimir Medinski, chef de la délégation russe, a fait savoir que Moscou avait reçu de la part de Kiev des propositions écrites relatives à un traité entre les deux pays. Selon la déclaration du ministère russe de la Défense à la suite de ces pourparlers russo-ukrainiens, le ministère a décidé de réduire considérablement l’activité militaire dans les directions de Kiev et de Tchernigov afin d’accroître la confiance mutuelle, de créer les conditions pour de nouvelles négociations et de signer un accord sur la neutralité et un statut dénucléarisé de l’Ukraine.
Auparavant, le président turc avait exprimé à plusieurs reprises son désir de participer au règlement de la crise entre la Russie et l’Ukraine. Le 10 mars, en marge du forum diplomatique d’Antalya, en Turquie, les ministres russe et ukrainien des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov et Dmitri Kouleba, ont eu une rencontre. Leur homologue Mevlut Cavusoglu a aussi participé aux pourparlers.
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