Mondial féminin Canada 2015 : héroïques Lionnes indomptables !

Fin de parcours pour la sélection nationale de football féminin du Cameroun, éliminée par la Chine, samedi à Edmonton, en huitièmes de finale de la Coupe du monde de football féminin.Le coup de sifflet final de la rencontre a mis fin à tous les espoirs des Camerounaises. Menées au score dès la première mi-temps, les Lionnes indomptables ne sont par parvenues à revenir au score dans la nuit de samedi à dimanche, en match contre la République populaire de Chine, comptant pour les huitièmes de finales de la Coupe du monde, Canada 2015.
La sélection nationale de football féminin s’est inclinée 0-1. Pas de pot pour la capitaine Christine Ngono Manie et ses camarades, qui jusque-là avaient réalisé de bonnes performances au premier tour, quand elles étaient venues à bout, tour à tour de l’Équateur (6-0) et de la Suisse (2-1), malgré une courte défaite face au Japon champion du monde en titre.
La rencontre face à la Chine, 13e équipe mondiale au classement publié début juin par la Fédération internationale de football association (Fifa), aura été contesté de bout en bout. Les joueuses de l’Empire du soleil levant ont verrouillé le jeu, ne laissant que très peu d’espace à Gaëlle Enganamouït, Madeleine Ngono Mani ou encore Aboudi Onguéné. Malgré les consignes données par le coach principal, Carl Enow Ngatchu, le score est resté inchangé jusqu’à la fin de la partie.
L’aventure s’arrête donc, prématurément, pour les Lionnes indomptables, vice-championnes d’Afrique 2014 et médaillées d’or aux 10e Jeux africains de Maputo au Mozambique, en 2011. Une fin triste. Car, si Enow Ngachu pouvait compter sur l’énorme potentiel humain à sa disposition, l’enthousiasme et l’optimisme du patron de l’encadrement technique national de football féminin étaient néanmoins modérés par les mauvaises conditions de préparation et une foultitude de problèmes financiers et matériels auxquels étaient en but ses joueuses.
Les Lionnes indomptables, pour cette expédition en terre canadienne, n’ont pas été aussi bien traitées que leurs homologues de la sélection de football masculin payés à prix d’or à l’occasion de leur participation à la 20e Coupe du monde de football qu’a accueilli le Brésil du 12 juin au 13 juillet 2014. En dépit de leur brillante qualification, les Camerounaises ont été marginalisées par les pouvoirs publics et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).
Un texte du chef de l’Etat signé au lendemain du Mondial brésilien, en novembre 2014 indique que les primes doivent être payées au moins trois (3) mois avant la phase finale d’une Coupe du monde. Pourtant, les Lionnes n’ont toujours pas reçu le moindre copeck. Elles ont reçu l’assurance des autorités camerounaises, que cet argent (15 millions Fcfa pour chaque joueuse) leur sera reversé à leur retour au bercail, afin d’éviter le paiement des taxes au cas où cet argent leur sera reversé directement au Canada.
L’équipe nationale de football féminin qui avait un temps brandi le spectre de la grève a donc choisi de défendre les couleurs nationales, en attendant de rentrer dans ses droits. Au final, les joueuses ont réalisé la troisième meilleure performance de tous les temps, après celle du Mondiale italien de 1990 (les Lions conduits par la bande à Roger Milla, Thomas Nkono et Omam Biyick avaient atteint les quarts de finale) et des jeux Olympiques de Sidney 2000 (les Espoirs camerounais avaient gagné la médaille d’or face à l’Espagne, tirs aux buts).
Les Lionnes auraient pu faire mieux, si elles avaient été placées dans des conditions idoines de préparation. Malheureusement, la sélection féminine n’a pas bénéficié de la préparation qu’elle aurait souhaitée. Alors que des centaines de millions sont sortis des caisses du trésor public pour la sélection masculine, qui couvre de honte le Cameroun lors des compétitions organisées aussi bien en Afrique que dans le reste du monde, les Lionnes, elles, sont abandonnées à elles-mêmes.
En quelques phrases, Enow Ngachu est revenu sur la participation des Lionnes à la Coupe du Monde Canada 2015. Le sélectionneur du Cameroun a évoqué la préparation de son groupe et espère que «beaucoup de choses vont changer au Cameroun et en Afrique». Le coach avoue que «ce n’était pas un bon jour pour le Cameroun. Nous avons rencontré une très bonne équipe, mais nous nous y attendions» (…) Pour notre première participation, nous avons beaucoup appris. Il faut que nous développions le football féminin. Nous avons besoin d’une bonne organisation et nous devons créer autant de clubs que possible. Le jour où nous pourrons nous préparer et nous organiser de manière optimale, je crois qu’une nation africaine sera capable de remporter la Coupe du Monde. Certaines joueuses sont très talentueuses et évoluent donc ailleurs qu’en Afrique. Nous espérons simplement que grâce à notre performance, beaucoup de choses vont changer au Cameroun et en Afrique».

[b]Gaspillage des fonds publics[/b]
Dans le cadre de leur préparation pour la Coupe du monde, les Camerounaises ont manqué de tout. D’abord expulsées du Complexe sportifs de la Caf à Mbankomo, au Sud de Yaoundé, pour factures impayées, les Lionnes ont ensuite été sevrées de leurs primes malgré le Décret présidentiel qui prévoit le paiement au moins trois mois avant le début d’une phase finale de Coupe du monde.
Or, pendant que la capitaine Manie et ses coéquipières Falonne Mefoumetou, Madeleine Ngono Mani, Aboudi Onguéné et Enganamouït sont soumises aux pires conditions de préparation, les officiels camerounais passent des moments paisibles dans des établissements hôteliers paradisiaques.
Près de 3 milliards de Fcfa destinés débloqués par les pouvoirs publics pour la participation du Cameroun au Mondial 2015 ont, selon nos informateurs introduits auprès de l’encadrement technique, servi essentiellement au paiement des frais de missions à la pléthorique délégation camerounaise (pas moins de 49 personnes issues du Minsep, de la Fecafoot, de la Primature et de la présidence de la République).
Les premiers bénéficiaires de cette mission étant évidemment le ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), Adoum Garoua et le président du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) Joseph Owona. Selon des informations crédibles, le Minsep, étaient logés dans un hôtel 4 étoiles. Ce qui semblait normal. Mais, tel que nous le disions déjà dans l’une de nos récentes éditions, ce qui apparaissait révoltant, voire insultant dans cette mission, c’est le coût de l’hébergement. En effet, le patron des Sports, apprend-on, a choisi un cadre féérique, dont la nuitée s’élève à 850.000 Fcfa (1700 dollars Us) ! D’autres commodités seront mises à sa disposition, notamment une piscine, une ligne téléphonique ouverte 24h/24, des menus à la commande, etc.
Il s’agit véritablement d’un séjour somptuaire. Car, le Minsep, sans doute conscient qu’il est sur le départ après des échecs successifs à la Coupe du monde brésilienne 2014 et la Can masculine senior Guinée équatoriale 2015, aura les poches pleines. Pour cet unique déplacement, il percevra 50 millions de Fcfa de frais de souveraineté. Ce qui lui permettra de dépenser sans compter et de s’octroyer toutes sortes de distractions, de plaisirs et de fantasmes les plus fous. Renversant, pour qui connaît le contexte sociopolitique et économique actuel, particulièrement difficile !
Autres faits majeurs qui retiennent l’attention, c’est le montant du billet d’avion et des frais de mission. Nos sources généralement crédibles au ministère des Sports soutiennent mordicus que le ministre Adoum Garoua voyagera en classe affaire d’une compagnie européenne. On parle de 12 millions de Fcfa, montant que le contribuable camerounais supportera une nouvelle fois, pour l’achat du billet d’avion. Et, ce n’est pas tout. La fête sera encore plus belle pour le Minsep, qui percevra pas moins de 25 millions de F Cfa, souffle-t-on, comme frais de mission. La Météo préfère faire l’économie des autres avantages pour ne pas heurter la sensibilité des Camerounais qui ont dû consentir d’énormes sacrifices ces derniers mois, et qui le feront davantage au cours des semaines à venir. Seulement, aux dernières nouvelles, ce train de dépenses serait une préoccupation à haut lieu. Il est ici question de tirer au clair les fonds déboursés par les pouvoirs publics pour une meilleure prestation de nos valeureuses Lionnes.

[b]Mamadou Labaran[/b]

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