Médecins Sans Frontières suspend ses opérations au Cameroun

Médecins sans Frontières

L’Ong l’a annoncé il y a quelques jours en raison de la détention depuis trois mois de quatre de ses employés locaux accusés de ‘’complicité’’ avec les séparatistes.

Médecins sans frontières (Msf), a officiellement annoncé dans un communiqué, la suspension de ses activités humanitaires dans la région du Sud-Ouest Cameroun. La raison évoquée par l´Ong, est la détention depuis trois mois de quatre de ses employés locaux, interpellés et accusés de « complicité » avec les séparatistes.

C’était pour la première fois que l´Ong évoquait publiquement ces arrestations depuis leur interpellation et leur détention. Selon le responsable de la Communication pour l’Afrique Centrale et de l’Ouest pour Msf, cette suspension d’activités a pour but de se consacrer à l´obtention de leur libération. « A compter du 29 mars, nous suspendons nos opérations, afin de se consacrer à l’obtention d’une libération en toute sécurité de nos collaborateurs », indiquait Scheherazade Bouabid. Les quatre employés arrêtés sont tous camerounais, parmi lesquels une infirmière de 33 ans et un chauffeur de 41 ans. Le 27 décembre 2021, deux membres du personnel de Msf ont été arrêtés après avoir référé un patient blessé par balle dont l’état de santé nécessitait une assistance urgente. Par la suite, deux autres de ses collaborateurs avaient été également interpelés les semaines suivantes. Tous sont détenus depuis à la prison de Buea, chef-lieu de la région du Sud-ouest, dans le cadre d’une « enquête pour complicité de sécessionnisme ».

Faut-il le rappeler, fin 2020, le gouvernement camerounais avait déjà suspendu les opérations de Msf dans le Nord-Ouest, la deuxième région anglophone du pays, accusant ses équipes médicales de « collusion » et de « complicité » avec les groupes armés séparatistes. En 2018, en accord avec le ministère de la Santé publique du Cameroun, Msf avait lancé une réponse d’urgence à la situation sanitaire critique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ceci en apportant un soutien à des structures de santé, et en mettant en place le seul service d’ambulance gratuit disponible 24/7, et en formant et en équipant des travailleurs de santé communautaires afin d’offrir des soins aux populations plus difficilement accessibles.
Tout bascule le 8 décembre 2020, lorsque les autorités ont émis un ordre de suspension des activités de Msf dans le Nord-Ouest. Les équipes médicales sont accusées de collusion avec les groupes armés locaux. En dépit de mois d’efforts visant à répondre à ces allégations, Msf n’a toujours pas pu relancer ses activités, privant des dizaines de milliers de personnes d’accès à des soins gratuits et vitaux. Selon les derniers chiffres de l’Onu, la violence armée dans les régions anglophones a poussé plus de 700.000 personnes à fuir leur foyer, et plus de 60.000 autres se sont réfugiées vers le Nigeria voisin.

Plus de 1,4 million de personnes auraient besoin d’une aide humanitaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun. Depuis plus de quatre ans, la violence armée dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun a un impact catastrophique sur la population.

Moïse Moundi / 237online.com

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