Depuis une semaine, les populations font recours aux rivières et puits pour avoir quelques gouttes de ce précieux liquide.Le désarroi, dû à la sécheresse des robinets dans le chef lieu du département des Bamboutos, est de retour depuis bientôt une semaine. Dans les ménages, femmes et enfants sont obligés de parcourir des centaines de mettre, seaux et bidons sur la tête, à la recherche d??eau potable. Leurs pôles de ravitaillement sont les marigots et les puits. Dans cette situation, les toilettes dans les ménages et les domiciles sont de plus en plus invivables. Ce qui oblige certaines familles à faire recours aux
toilettes traditionnelles. Contrairement à la dernière fois où c??est l??assèchement du cours d??eau qui était à l??origine de cette pénurie, on évoque de plus en plus des causes liées au délestage dans la ville.De sources proches des responsables de la société Aes-Sonel, en charge de la distribution de l??énergie électrique, il est question, en cette saison sèche, où on assiste déjà à une baisse du niveau d??eau, de rationnaliser la distribution du courant électrique dans les différents villages du département des Bamboutos. Ce qui n??est pas sans affecter la station de pompage d??eau qui alimente le réseau de la Camwater. Les quelques bornes fontaines jusque là opérationnelles dans la ville était depuis des lustres en arrêt de fonctionnement. On se souvient que l??année dernière, la ville avait déjà été victime d??un phénomène similaire. Ce qui avait valu le déplacement sur le terrain de Jean Bernard Sindeu, alors ministre de l??Eau et de l??énergie. Les forages promis aux populations n??ont jamais été livrés. En plus, les installions d??eau qui sont utilisées ce jour à Mbouda (100.000 habitant) ont été construites en 1975 pour une population de 50.000 âmes.Kfa accuseUne recherche-action, dont les résultats seront présentés au grand public ce mardi 2 février, vient d??être menée sur le terrain par l??Ong Knowledge for all (Kfa), avec le soutien du Programme d??appui à la structuration de la société civile (Pasoc). Question de relever les causes et les conséquences des fréquentes pénuries d??eau dans cette ville. Il en ressort la culture d??eucalyptus qui s??intensifie sur les massifs Bamboutos et dans les bas-fonds le long du ruisseau Métap et ses confluents ; les multiples déviations du cours d??eau Métap en amont du captage de la Camerounaise des eaux (Cde) de Messuing ; l??intense défrichement du couvert végétal naturel des massifs Bamboutos pour les activités agricoles ; les feux de brousse pour le renouvellement de l??herbe de pâturage et l??écobuage ; l??intensification des cultures maraîchères de contre-saison dans le lit du ruisseau Métap et ses confluents ; le dessouchage des forêts de raphia pour augmenter l??espace destiné aux cultures maraîchères ; l??assèchement subséquent du bassin de captage et du ruisseau Métap et ses confluents et l??application insuffisante de la règlementation sur l??occupation de l??espace.A en croire Elvis Tangwa Sa??a, le secrétaire général de Kfa, «les conséquences de cette pénurie d??eau dans la ville de Mbouda sont à l??origine du réchauffement climatique qui entraîne la désertification des monts Bamboutos, la consommation d??une eau de qualité douteuse, l??augmentation des maladies hydriques et de la saleté corporelle et le paiement de lourdes factures d??eau minérale par bon nombre d??habitants de Mbouda.» Blaise Nzupiap Nwafo, LNE
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