Economie

Manuels scolaires : Des établissements ne respectent pas les listes officielles au Cameroun

Le Conseil national d’agréments des manuels scolaires et matériels didactiques dénonce l’introduction frauduleuse par certains éditeurs de faux livres dans les programmes. Avec la complicité des chefs d’établissements.

En dépit de la publication des listes officielles des manuels scolaires exigibles aux élèves, dûment signés par le Minedub et le Minesec, le Conseil national d’agrément des manuels scolaires et matériels didactiques (Cnamsmd), constate le non-respect de celles-ci par les établissements. Après enquête, une douzaine d’éditeurs et auteurs de cette basse manœuvre ont été identifiés, surtout dans le sous-système anglophone. Avec un répertoire de 50 établissements dans lesquels sont frauduleusement introduits de faux manuels. Ceux-ci avec de faux ISBM, pas de code-barres et ils ne sont pas répertoriés aux archives nationales. Tout cela avec la complicité des chefs d´établissements.

Pour le président du Cnamsmd, si rien n’est fait, on court vers une catastrophe. « C´est une véritable maffia, une situation qui a commencé en 2021. Le Conseil entend frapper, car le programme scolaire appartient à l´Etat. Ces manuels se retrouvent dans les établissements privés les plus huppés à l’instar de Pi & Ju, la Gaité, pour ne citer que ceux-là, également dans les villes de Douala, Bafoussam, qui utilisent ces faux manuels et qui coûtent en plus très cher : 6000, 9000 et 10000 Fcfa. Un véritable culte de la défiance, avec une foultitude de workbooks. Ceux-ci ont été saisis, ils ont deux semaines pour nous répondre, passé ce délai, nous enclenchons le processus administratif et judiciaire. Les éditeurs identifiés sont d´office exclus pour l´appel d´offre de la prochaine rentrée scolaire, c´est désormais la tolérance zéro. J´ai écrit à la haute hiérarchie, et j´ai déposé cette liste à la Conac. A cette allure, on s´achemine vers une catastrophe si rien n´est fait, ces manuels ne respectent aucune règle. Ils sont truffés de fautes, n’ont pas de ISBM, pas de code-barres et ne sont pas répertoriés aux archives nationales », indique Jean Paul Komon, qui tire la sonnette d´alarme et décide de passer à la vitesse supérieure avec les sanctions sévères.

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Le non-respect des listes officielles des manuels scolaires, du fait de l´impunité grandissante de ceux qui s´y livrent, fait tache d’huile et représente une hypothèque grave de la politique du manuel unique par matière prescrite par le chef de l´Etat. Occasion pour le président du Conseil, d´inviter les parents à dénoncer auprès de cette institution, cette pratique qui non seulement remet en cause la politique du manuel unique par matière implémentée par le gouvernement, mais alourdit aussi le « budget manuels scolaires » des familles et le poids des cartables ». Il rappelle aux parents que conformément aux circulaires respectivement du Premier ministre et des ministres chargés de l´Education, seuls les manuels inscrits sur les listes officielles sont exigibles et utilisés dans les établissements scolaires au Cameroun.

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Par ailleurs, le Conseil se réserve le droit de poursuivre devant les instances compétentes les éditeurs et chefs d´établissements qui se laissent aller à cette pratique. Pendant les premières années de l´entrée en vigueur du décret du 23 novembre 2017, presque tous les éditeurs et chefs d´établissements scolaires véreux et vénaux semblaient avoir entendu raison. Mais depuis deux ans, on observe un regain d´audace et d´outrecuidance de plusieurs de ces acteurs : de nombreux chefs d´établissements prescrivent ainsi aux parents d´élèves qui inscrivent leurs enfants dans les établissements dont ils ont la charge, des manuels non agréés.

Il faut le rappeler, par décret du 23 novembre 2017, le PM/CG prescrivait l´utilisation exclusive et sans exception, de seuls manuels dûment agréés, dans tous les établissements scolaires, sur l´ensemble du territoire national. Cette décision d ́implémentation visait à mettre un terme au mercantilisme éhonté qui avait fait son lit dans un secteur où chaque chef d ́établissement, moyennant une contrepartie financière, inscrivait sur les listes des fournitures scolaires exigibles dans son établissement, des manuels dont personne ne pouvait garantir la qualité du contenu, et qui étaient généralement impropres à l ́utilisation.

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Moïse Moundi / 237online.com

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