Mamane, humoriste engagé, appelle ses pairs à dénoncer les maux du Cameroun

Mamane

Mamane, figure incontournable de l’humour africain, lance un appel vibrant à la nouvelle génération d’humoristes camerounais. Au-delà des blagues potaches, il les exhorte à utiliser leur art comme une arme de dénonciation des travers de la société, rapporte en exclusivité 237online.com. Un message fort de la part de celui qui a su imposer sa satire engagée sur les scènes du continent et au-delà.

Du Cameroun à la France, l’itinéraire d’un humoriste pas comme les autres

Fils de diplomate nigérien, Mamane a passé une partie de son enfance au Cameroun, sur les bancs du collège Vogt. Une expérience fondatrice pour celui qui, après des études de physiologie végétale en France, a choisi de troquer la blouse blanche pour le micro de l’humoriste.

Repéré par le Jamel Comedy Club en 2006, il devient chroniqueur sur France 2, Europe 1 et Africa Radio, distillant chaque matin sa revue satirique de l’actualité. En 2008, il crée sur RFI l’univers déjanté de la République très très démocratique du Gondwana, qu’il porte à l’écran en 2016 avec son film à succès « Bienvenue au Gondwana ».

Mongo Beti, Lapiro, Kankan… les inspirations camerounaises de Mamane

Mais c’est du Cameroun que Mamane tire ses inspirations les plus profondes. Il se revendique de la lignée des Mongo Beti, Lapiro de Mbanga ou Jean Miché Kankan, ces artistes qui ont osé braver les pouvoirs en place pour dire la vérité, souvent au prix fort.

« Ces grands noms de la culture camerounaise ont eu le courage de dénoncer les injustices, la corruption, les dérives autoritaires, rappelle Mamane à 237online.com. Ils ont montré la voie, prouvé que l’art pouvait être une arme de résistance face à l’oppression. C’est ce flambeau que je veux passer aux nouvelles générations d’humoristes ».

« Faites rire, mais faites réfléchir !« 

Car pour Mamane, l’humour n’est pas qu’une affaire de vannes et de punchlines. C’est aussi et surtout un outil pour éveiller les consciences, bousculer le statu quo, faire bouger les lignes. Un rôle social et politique qu’il entend bien voir endosser par ses jeunes confrères camerounais.

« Je leur dis : ne vous contentez pas de faire rire pour faire rire. Ayez l’audace de dénoncer ce qui ne va pas autour de vous, les travers de notre société, les abus de pouvoir. Faites rire, mais faites réfléchir ! C’est comme ça que vous marquerez votre époque et que vous ferez avancer les choses ».

Le Parlement du Rire, vitrine panafricaine de l’humour engagé

Mamane en veut pour preuve le succès du Parlement du Rire, cette production qui réunit depuis des années les humoristes les plus talentueux du continent. De Moustik le Karismatik à Edoudoua en passant par Ntamak, tous ont su s’y faire un nom et porter haut les couleurs de l’Afrique.

« Le Parlement du Rire, c’est la démonstration que l’humour peut être un formidable vecteur de panafricanisme, s’enthousiasme Mamane. En faisant se rencontrer et se produire ensemble tous ces artistes, on tisse des liens, on crée une communauté, on fait tomber les barrières. C’est ça aussi, le pouvoir de l’humour ! »

Faire rire pour changer le monde

Alors, le message de Mamane est clair : humoristes camerounais, à vos micros ! Faites rire, mais pas seulement. Dénoncez, interpellez, réveillez. Faites de votre art une arme au service du changement. Le Cameroun, l’Afrique, le monde ont besoin de votre humour engagé.

Car comme le dit si bien Mamane, « l’humoriste n’est pas là que pour amuser la galerie. Il est aussi là pour réveiller les consciences, pour être la voix des sans-voix. C’est une responsabilité immense, mais c’est aussi ça, la grandeur de notre métier ». Un métier qu’il espère voir ses jeunes pairs camerounais embrasser avec toute la passion et l’engagement qu’il mérite. Pour qu’au Cameroun aussi, le rire puisse changer le monde.

Par Serge-Alain Patou pour 237online.com

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