Elles constituent une menace pour les élèves et des dépenses inutiles pour l??Etat, d??après une étude menée par l??Ong Voies nouvelles. A l??école publique de Nkolgobo à Monatélé, les élèves vivent sous la menace constante de deux salles de classe qui pourraient s??écrouler d??un moment à l??autre. Ces salles ont perdu chacune une porte, une fenêtre ou un pan du mur. Elles ont été construites en matériaux locaux. L??école date de 1958. En 2008, l??Etat camerounais a initié la construction de salles supplémentaires. Or, l??entrepreneur qui a gagné le marché a effectué un travail approximatif (8m/6 au lieu des 9m/7 recommandés). Les dites
salles n??ont pas été réceptionnées. Ce cas de figure illustre à suffisance les problèmes de la norme de construction des salles de classes dans le département de la Lékié, région du Centre.
Voies nouvelles, une Ong créée en 2005, y a effectué une étude. Jeudi 19 février 2010, une descente à Monatelé entre la présidente de l??Ong, Jeanne Marie Befidi, les responsables de la Banque mondiale, le fonds allemand d??appui au développement (Ded), a permis aux responsables de ce département de trouver une solution à ces problèmes. D??après l??étude, 106 projets de construction d??école ont été mal exécutés. Certains chantiers sont abandonnés. D??autres sont livrés avec beaucoup de retards. A l??école publique de Polo 1 à Monatélé, qui est dirigée par Madeleine Patience Essame, l??entrepreneur a effectué la délimitation du terrain pour un éventuel début de la fondation. Soit un taux de réalisation de 3%. Or, les élèves étaient supposés intégrer ces salles de classe en début d??année scolaire 2009/2010. Ici, 60 tables-bancs fabriquées avec du bois humide restent inutilisables. A l??école publique de Nkang, dans la même localité, le même entrepreneur, c??est-à-dire l??adjoint au maire de Monatélé, n??a pas encore honoré son contrat de construction de deux salles de classes qui devaient être livrées en septembre 2009. Sur le terrain, on peut apercevoir des fouilles et des parpaings. Le taux de réalisation, ici, est de 5% et non 40%, tel qu??annoncé par l??entrepreneur.
A l??école publique de Ntsama à Okola, un entrepreneur a livré des tables-bancs fabriqués avec du bois blanc. Alors que le lycée technique de Sa??a attend d??être achevé, l??entrepreneur a pris la clé des champs. Dans la même localité, une école publique bien bâtie a été abandonnée dans la broussaille.
Par ailleurs, au lycée technique d??Obala, le mauvais tassement des sols a entraîné la fissuration des murs et le décapage des chapes. A l??école publique d??Ekoum-Ondoum à Sa??a, ce sont les fermes réalisées en simples lattes, au lieu des bastings préconisés, qui ont entraîné la destruction des plafonds. Pour Cyrille Onesime Tomo, le secrétaire exécutif de Voies Nouvelles, certains responsables d??école seraient de connivence avec les entrepreneurs. D??où l??appel à l??endroit des responsables camerounais de l??éducation.
Irène Gaouda, Le jour
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