Liqueurs frelatées: Péril sur la santé des camerounais

Whisky

Pour des professionnels de santé, la consommation de ces liqueurs frelatées constitue un danger à la santé puisqu’elle altère considérablement la capacité physique et peut conduire à des attaques cardiaques.

Le 12 septembre 2016 devait marquer la fin du sursis de deux ans accordé aux producteurs de whisky en sachet pour écouler leur stock. Le 12 septembre 2014, la signature d’un arrêté conjoint des ministères des Mines, de l’industrie et du développement (Minmidt) ; du ministère du Commerce (Mincommerce) et du ministère de la Santé publique (Minsante), rendent l’application obligatoire de la norme sur les boissons spiritueuses. Une enquête conduite par l’agence des normes et de la qualité (Anor), entre 2013 et 2014 a établi que le taux d’alcool dépasse les 40%. Plus graves, des analyses en laboratoire ont révélé que les fabricants utilisaient comme matière première le méthanol au lieu de l’éthanol, alcool autorisé dans la fabrication du whisky.

Selon nos confrères du journal Baromètre Communautaire, ces évidences scientifiques et techniques ont amené les professionnels de la santé à dire qu’il s’agit d’un danger réduisant la capacité physique et pouvant conduire à des attaques cardiaques, des cirrhoses de foi, des troubles nerveux et souvent la folie. Pourtant le Minmidt à cette époque, Emmanuel Bondé, était catégorique « Il n’est plus question d’importer les matières premières ni de produire des whiskies en sachet et en bidon. Cette marchandise devra impérativement avoir disparu de nos marchés dans les délais » avait-il martelé. Aujourd’hui l’assainissement annoncé est resté un vœu pieu. « Il n’y a pas de contrôle, quand bien même certains employés du ministère du Commerce nous approchent, on les fait savoir qu’on n’est pas au courant de l’interdiction et s’il insistent on s’arrangent et ils s’en vont », confesse Sandrine, une tenancière d’un kiosque au marché Ekounou à Yaoundé pour qui la vente du whisky en sachet représente le gros du chiffre d’affaire. Tout comme elle, Elise témoigne pour sa part qu’elle ne croit pas à la rareté des whiskies en sachet dans nos marchés. « C’est seulement le prix qui est passé de 1500 Fcfa à 1800 Fcfa soit une augmentation de 300 Fcfa. Ce qui nous pousse à vendre un sachet à 125 Fcfa au lieu de 100 Fcfa comme par le passé », confie-t-elle.

Tribunal

En convoquant la norme NC 210 : 2014/48, il est précisé que « les boissons spiritueuses doivent être conditionnées dans les récipients autres que des sachets ou bouteilles en plastique. Les récipients doivent être fabriqués avec des matériaux sans danger et convenant à l’usage auxquels ils sont destinés. Ils ne doivent transmettre aux produits aucune substance toxique ni aucune odeur ou saveur indésirable». Soulignons qu’en 2016, la société Camerounaise de fermentations basée dans la zone industrielle de Bonabéri à Douala avait été interdite par une décision de justice de produire et de commercialiser à nouveau ces whiskies en sachet. la Fondation Camerounaise des consommateurs (Fcc) rappelait à cet effet que « les sanctions que cette société encours devant le tribunal à travers les poursuites par le Procureur de la République des ministères des Mines, du Commerce et de la Santé sont des amendes, la dissolution de ladite société, la fermeture de celle-ci, l’interdiction de commerce, la publication de la décision de condamnation et le paiement des dommages et intérêts à tous les consommateurs Camerounais qui ont subi préjudice ».

Axel ABANDA(stagiaire)

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