L’impact du coronavirus sur les matières premières camerounaises

Covid-19 Chimie

Comme beaucoup de pays à revenus intermédiaires, le Cameroun tire une grande partie de son PIB du secteur primaire, et notamment des secteurs agricoles, forestiers et miniers ainsi que des hydrocarbures.

Face aux conséquences de la crise sanitaire sur le prix des matières premières, le Cameroun envisage aujourd’hui la production de chloroquine comme un moyen de sauver son économie. On peut toutefois s’inquiéter des conséquences d’une telle initiative sur les cours des produits de base. 

Les effets du Covid-19 sur l’économie camerounaise

A l’instar du reste du monde, le Cameroun s’est vu forcé d’introduire des mesures de distanciation drastiques afin de limiter autant que possible la propagation de la pandémie. Une décision inévitable, mais dont les conséquences sur les cours de certains produits de base et matières premières seront vraisemblablement considérables. On a par exemple constaté l’effet destructeur de l’interdiction de rassemblement et du couvre-feu sur les productions avicoles qui, dans l’incapacité d’écouler leurs poulets auprès des restaurants résolument fermés, sont obligés de vendre à perte : si un producteur pouvait vendre un poulet à 3 500 FCFA avant la crise, il doit aujourd’hui s’estimer satisfait de recevoir 1 850 FCFA pour la même pièce. 

De son côté, la tonne de cacao, ayant certes connu une petite décote à la fin du mois de mars, repart à la hausse au mois d’avril. Les transformateurs camerounais sont largement responsables de cette nouvelle positive : plus facile à conserver que les produits frais, le cacao bénéficie en outre d’une demande à la hausse dans les pays développés. Résultat, son cours se maintient entre 1 000 et 1 200 FCFA et semble offrir aux investisseurs une valeur sûre en cette période de grande incertitude.

La difficulté des imports apporte quant à elle d’autres difficultés, et c’est avec un grand soulagement que le Cameroun, premier importateur de riz, a vu les négociants indiens reprendre la négociation des contrats, le dispensant ainsi de travailler avec des producteurs alternatifs thaïlandais dont les tarifs affichaient une hausse de près de 10 % des tarifs.   

Les prévisions économiques et financières

Les pays africains sont nombreux à réclamer une renégociation de leur dette et le support du FMI dans la lutte contre le virus. De son côté, la BDEAC (Banque de Développement des États d’Afrique Centrale) a récemment déboursé 3 milliards de FCFA afin d’aider les pays membres, dont le Cameroun. Selon le FMI, la pandémie provoquera inévitablement une forte contraction de l’économie du continent africain – estimée à 1,25 % – et une perte de croissance d’environ 3 %. L’essor économique connu par le Cameroun depuis les années 80 permet pourtant au président Biya de rester optimiste et d’estimer à entre 2 et 3 % la croissance prévue en 2020.

La chloroquine, le remède au Coronavirus comme à la crise économique ?

A Yaoundé, le Centre de Recherche sur les Maladies Émergentes et Réémergentes a pris la tête de la production en masse de comprimés de chloroquine. Fort de son expérience du médicament couramment utilisé dans le traitement de la malaria, et avec l’aide de la Chine et de l’Inde qui fournissent l’ingrédient actif, le centre est adéquatement préparé et fabrique actuellement 6,000 comprimés par jour. 

Si l’initiative visait d’abord à soigner les patients camerounais atteint de Covid-19, on conçoit tout à fait l’engouement du reste du monde – et des investisseurs – pour un pays qui déclare pouvoir hisser la production quotidienne à 8 millions de comprimés. L’efficacité du médicament contre le Coronavirus, comme la capacité de cet état à assurer une production sécurisée et dans les normes, reste toutefois à prouver. 

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