La plupart des administrations disposent d??une plateforme d??informations sur le Net que le public ne connaît pas toujours.
Isabelle Ngo Ntamack est institutrice dans une école publique à Eséka dans le département du Nyong-Ekellé. Arrivée au ministère des Finances à Yaoundé ce mardi 20 juillet à 10h, pour finaliser le processus d??aboutissement de son rappel d??indemnité de logement, ne sachant à qui s??adresser et où avoir la bonne information, elle s??est fait arnaquer la somme de 30.000 Fcfa par un usager qui s??est fait passer pour un cadre de ce ministère. L??histoire de cette institutrice vient à juste titre poser le
problème de l??accès à l??information dans nos administrations et l??absence d??intérêt que les usagers ont de l??outil informatique.
Au ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, une centaine d??usagers ont envahi l??entrée. La clôture est fermée. De nombreux usagers, en majorité des fonctionnaires, assis à même le sol, sont venus de différentes régions du pays pour suivre l??avancement de leurs dossiers dans ce ministère. « A l??époque, il y avait des affiches et des communiqués émanant de certains services collés à l??entrée du ministère. Aujourd??hui, il faut attendre 13h30 pour qu??un agent placé derrière une fenêtre vous communique des informations parfois inaudibles. Nous sommes donc obligés de nouer des contacts et de débourser de l??argent pour avoir des informations exactes», confie Samuel Kapche, fonctionnaire à la retraite.
Sigipes Il est 13h. Malgré la réticence du personnel de cette administration à communiquer, l??on note la présence de nombreux usagers à la salle informatique. Certains trouvent des informations les concernant d??autres pas. Pour faire face à cette absence d??informations nombre d??administrations ont mis sur pied des sites internet dont certains seulement, sont à jour. Le ministère de la Fonction publique est à ce sujet un exemple, car sur son site, les usagers peuvent avoir des informations sur les concours et bourses, sur les opérations d??indemnisation des ex-temporaires, les avancements, les contractualisations, le traitement des actes du personnel de l??Etat et des informations sur l??historique et la structuration de la réforme administrative au Cameroun. {module Publicité 300_250|none}Une avancée qui ne satisfait pas tous les usagers. Georges Legrand, enseignant, pense que la mise sur pied du Sigipes par le ministère de la Fonction publique ne règle pas le problème d??accès à l??information : « Nous devrons débourser d??énormes sommes d??argent pour le suivi de nos dossiers. C??est triste pour un pays comme le nôtre », déplore-t-il.
D??autres encore, à l??exemple d??Octavie Batchou en service au ministère de la Promotion de la femme estiment que même si des avancées sont notables au niveau de la numérisation des informations, «cela ne suffit pas, il ne sert à rien d??envoyer les usagers dans les sites internet quand on sait que de nos jours, bon nombre de Camerounais ne sont pas imprégnés de l??outil informatique ». « Nous voulons le contact physique et des informations vraies et précises », réplique Dorette Happy, cadre au ministère des Finances. Qu??à cela ne tienne, un sondage récemment réalisé par le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative montre que 84,69% de Camerounais sont favorables à la modernisation de l??administration publique camerounaise.




