Les évêques français reconnaissent les délits sur les mineurs

Éric de Moulin-Beaufort

L’Église catholique française porte une « responsabilité institutionnelle » dans les centaines de milliers de cas de harcèlement et d’abus sexuels commis par des prêtres depuis le milieu du siècle dernier. C’est ce qu’a déclaré vendredi le président de la conférence des prêtres catholiques de France, Éric de Moulin-Beaufort, cité par l’Agence France-Presse.

Près de 120 prêtres qui s’étaient réunis dans la commune de Lourdes le 5 novembre pour discuter d’un rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) ont conclu la même chose, a-t-il déclaré. Ils ont reconnu que « des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l’Église ont permis que ces faits existent ». « Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation », a déclaré M. de Moulin-Beaufort.

Selon un rapport du CIASE publié le 5 octobre, au moins 216.000 mineurs ont été victimes de crimes sexuels commis par des membres de l’Église catholique en France entre 1950 et 2020. Le pape François a exprimé sa profonde tristesse face aux cas d’abus sexuels sur les mineurs dans l’Église en France et a déclaré qu’ils constituaient une raison de sa propre honte.

Commentant les conclusions de la commission, M. de Moulin-Beaufort avait déclaré que « la confession s’imposait à nous, et en ce sens-là elle est plus forte que les lois de la République ». Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a réfuté cette affirmation, notant que le secret de la confession « n’est pas absolu », pas plus que le secret médical. Selon lui, un prêtre n’est pas tenu d’observer ce secret dans le cas où il aurait connaissance de délits sexuels commis, y compris ceux pour lesquels la peine a été annulée en raison de la prescription.

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