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L'ouverture sur le Cameroun

Les chantiers qui attendent Jacob Zuma

Après son élection par le Parlement le mercredi 6 mai et sa prestation de serment le samedi 9 mai, le nouveau  président de la République d??Afrique du sud promet de tout faire pour éradiquer la

pauvreté, le chômage, la criminalité et le Sida. Le samedi 9 mai 2009 était le grand jour de Jacob Gedleyihlekisa Zuma. Il y a d??abord eu une série de prières des différentes communautés religieuses d??Afrique du Sud.Ensuite, devant une trentaine de chefs d??Etat et de gouvernement venus à Pretoria assister à la cérémonie d??investiture du quatrième président sud-africain post apartheid et en présence de ses illustres prédécesseurs dont Nelson Mandela en personne à qui il a rendu un hommage mérité, Jacob Zuma a prêté serment. Conformément aux usages, devant le président de la Cour constitutionnelle.Auparavant, le président Kgalema Motlanthe qui a assuré la transition après la démission du président Thabo Mbeki en septembre 2008, lui avait remis le grand cordon et ils ont changé de place. L??ère Zuma ouvre le quatrième mandat consécutif accordé par le peuple sud-africain au Congrès national africain (Anc) depuis 1994.En effet, à l??issue des élections générales du 22 avril dernier, l??Anc a encore remporté la victoire. Avec 65,9% des voix, l??Anc a une fois de plus obtenu le maximum de sièges des députés qui ont permis à Jacob Zuma d??être élu au Parlement le mercredi 6 mai 2009, avec 277 voix contre 47 pour le révérend Mvume Dandala du Congrès du peuple (Cope), une formation dissidente de l??Anc créé en décembre 2008, suite à la démission de Thabo Mbeki.Agé de soixante sept ans, le président de l??Anc qui est devenu président de la République d??Afrique du Sud sait qu??il a de nombreux défis à relever. Des défis internes immédiats pour la plupart, car il s??agit d??un pays qui, pour la première fois depuis dix-sept ans, va entrer en récession. Jacob Zuma a promis d??être ?? un président pour tous ?? et de travailler à l??amélioration des services publics pour tous les Sud-africains. 43% de la population dont une majorité de Noirs vit sous le seuil de la pauvreté, le chômage a atteint le chiffre de 40%, les taux de criminalité et de viol ne cessent d??augmenter. Pareil pour le sida qui est l??un des fléaux auxquels le nouveau président devait montrer sa volonté de combattre, de lutter autrement que par des méthodes controversées de l??administration Mbeki. Il y a aussi l??urgence de mettre fin à la crise de logements sociaux ?? les deux millions de logements construits en quinze ans étant insuffisants par rapport aux besoins, la nécessité de renforcer une classe moyenne dynamique et surtout consolider, mieux sauvegarder un bon climat des affaires.Préserver les investissementsDans un contexte de crise financière et économique internationale, le gouvernement de Jacob Zuma est obligé de beaucoup travailler avec des ressources moindres et de rassurer les investisseurs. Pendant la campagne électorale, Jacob Zuma promettait ?? de travailler avec toutes les parties, notamment avec les syndicats et les employeurs, pour trouver des moyens de prévenir les pertes d??emplois et d??amortir ?? l??impact de la crise mondiale. Des dizaines de milliers d??emplois ont été supprimés depuis la fin de l??année dernière et environ 300 000 autres emplois pourraient disparaître au cours de cette année. Alors que l??on attendait la formation du premier gouvernement de Jacob Zuma, des spéculations tournaient déjà autour du maintien probable de Trevor Manuel, ministre des Finances depuis treize ans. Il s??agit d??un homme d??Etat, spécialisé dans la finance et l??économie, qui a su convaincre et gagner la confiance des milieux d??affaires sud-africains. Réputé être l??artisan de la croissance post-apartheid, Trevor manuel est la personnalité dont la parole a été jusqu??ici la plus écoutée par les détenteurs de capitaux et investisseurs en Afrique du Sud. Il demeure un grand atout pour le nouveau président sud-africain.On ne peut pas oublier la question de la redistribution des terres cultivables aux populations noires restée non résolue par ses prédécesseurs. A peine 5% des terres sur 30 % ont été redistribuées. Jacob Zuma, leader populiste et populaire va se retrouver sur un terrain très glissant. Il devra rechercher la meilleure méthode à utiliser entre satisfaire entièrement les populations qui l??ont élu dont la majorité noire concernée par les terres agricoles et les fermiers blancs inquiets par les mesures draconiennes qu??il pourrait prendre.Jacob Zuma n??a pas intérêt à faire fuir les fermiers blancs sud-africains comme son homologue zimbabwéen, ni les investisseurs d??aujourd??hui et de demain. Il lui serait fatal de compromettre les chances de répondre aux nombreuses attentes et aspirations des populations qui voient en son accession au pouvoir, une occasion de gouverner autrement. En tenant compte des plus démunis, des pauvres et autres exclus des fruits de la croissance qui a pourtant profité à une minorité noire privilégiée.Sur le plan externe, l??Afrique du Sud devrait continuer à jouer son rôle de première puissance économique du continent et de pôle de puissance régionale. Le G20, qui rassemble les pays les plus industrialisés du monde et les grands pays émergents,  constitue pour l??Afrique du Sud un cadre important pour se positionner et défendre les intérêts de l??Afrique.  Jacob Zuma, qui n??est pas un inconnu sur la scène diplomatique africaine – on l??a vu dans la médiation de la crise burundaise ?? devra imprimer sa marque personnelle sur les dossiers africains. Il est attendu sur le suivi de la crise politique du Zimbabwé où ses positions semblaient plus tranchées que celles de l??ancien président Thabo Mbeki, jugé très proche du président Robert Mugabe.Edmond Kamguia K. , La Nouvelle Expression

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