Le taux directeur de la Beac baisse de 50 points

La banque centrale compte ainsi faciliter l’accès au crédit et permettre la relance de la croissance, qui fléchit au premier semestre à 2,8%. Le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Banques Etats de l’Afrique centrale (Beac) a tenu, jeudi dernier à Yaoundé, sa deuxième session de l’année 20145. On a appris au terme de cette séance, s’agissant de l’évolution générale de la situation macro-économique sous-régionale, que les perspectives économiques tablent pour la fin de l’année sur un ralentissement de la croissance, en relation avec les contre-performances du secteur pétrolier, qui entre une baisse significative de la demande extérieure et un repli des activités du secteur non pétrolier. Les prévisions de la banque centrale mettent en exergue un fléchissement de la croissance à 2,8%, un allègement des tensions inflationnistes à 2,9%, une détérioration du solde budgétaire à – 3,7% du Produit intérieur brut sous-régional, une augmentation du déficit du compte extérieur courant à 11,4% du Pib, et une situation monétaire qui demeure malgré tout confortable, avec notamment un taux de couverture extérieure de la monnaie de 78,4%.
L’information la plus importante de cette session du Cpm est indéniablement celle relative à la baisse (décidée) du taux directeur de la Beac, qui passe de 2,95% à 2,45%. Ce qui signifie que le taux d’intérêt des appels d’offres a baissé, depuis jeudi dernier, de 50 points. En effet, la baisse des recettes pétrolières a entraîné des tensions de trésorerie dans l’ensemble des six Etats de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique centrale (Cemac). Lesquelles tensions ont été aggravées par la crise en République centrafricaine et la guerre du Cameroun et du Tchad contre la secte terroriste Boko Haram. La décision de la beac de baisser son taux directeur a donc pour objectif de permettre aux pays de la sous-région de se refinancer auprès d’elle. Bien plus, le Cpm a adopté les objectifs monétaires et de crédit révisés des six Etats de la Cemac pour le quatrième trimestre de l’année en cours et le premier trimestre 2016.
En revoyant ainsi à la baisse son taux directeur, il est aussi question pour la banque centrale d’encourager les banques commerciales actives dans la sous-région à se refinancer dans une perspective de relance de la croissance. Les opérateurs économiques se frottent déjà certainement les mains, tant cette décision devrait conduire à la baisse des taux d’intérêt sur les crédits à eux accordés par les banques. A ce niveau, le gouverneur de la Beac et président du Cpm, Lucas Abaga Nchama, souhaite que les Etats prennent plus que jamais leurs responsabilités, en amenant notamment les banques commerciales à baisser leurs taux d’intérêts qui demeurent assez élevés en dépit des efforts consentis par l’autorité monétaire sous-régionale en vue de les améliorer. Pour mémoire, la Beac avait planché en début d’année sur un taux de croissance qui se situerait autour de 5% en zone Cemac en 2015.

[b]Jean De Dieu Bidias[/b]

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