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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Société

Le précieux héritage de Manu Dibango à la postérité

Le père de la Soul Makossa laisse derrière lui une carrière musicale immense, une discographie légendaire, une profonde tristesse de nombreux fans, amis et professionnels du milieu.

Avec sa disparition, c’est toute la musique qui pleure l’un de ses visages les plus emblématiques. Sa première grande victoire c’est d’avoir réussi dès les années 50, à s’imposer sur la scène world, entre soul, jazz et musique africaine. Un exploit que beaucoup de ses pairs n’ont pas eu la chance de réaliser, engloutis par la superpuissance et le génie des dinosaures de la musique mondiale de l’époque. En 1972, Manu Dibango avait composé l’hymne de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football, un morceau intitulé « Soul Makossa » et qui deviendra l’un de ses plus grands succès. La chanson sera d’ailleurs reprise par de grands noms de la musique internationale comme Michael Jackson ouplus récemment, Rihanna. Une carrière immense « dirigée par la passion », comme il l’expliquait à Radio France internationale (Rfi) dernièrement. Et jusqu’en octobre 2019, le légendaire musicien au crâne nu, infatigable, célébrait ses 60 ans de carrière sur la scène du Grand Rex de Paris, accompagné par l’Orchestre Lamoureux.Cette année, le saxophoniste et chanteur devait remonter sur scène en Martinique dès ce 17 avril. Mais le destin en a décidé autrement. Il tire sa révérence sans honorer à cette promesse.

En plus de sa vie de musique et de concerts, Manu Dibango s’était engagé en 2018 aux côtés de Juliette Binoche en signant une tribune contre le réchauffement climatique, intitulée « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité », publiée en Une du Monde. Avec « Soul Makossa », Manu Dibango a conquis la planète. C’est en effet ce tube, sorti en 1972, qui permet au musicien franco-camerounais de se faire connaître à l’international. A l’origine, cette chanson n’était que la face B d’un 45 tour, porté par un tout autre titre qui doit devenir l’hymne de la Can. L’artiste avait en effet sollicité le ministre des Sports du Cameroun pour enregistrer une chanson en soutien à l’équipe nationale. Mais ce n’est pas la chanson prévue que l’on retiendra : « Soul Makossa » s’écoulera à 50 000 exemplaires en France et fera exploser la notoriété de Manu Dibango.Jusqu’aux Etats-Unis, ou plusieurs artistes s’emparent de la mélodie, notamment Michael Jackson et son « Wanna Be Starting Something », que le musicien camerounais accusera de plagiat. Dans les années 80, le litige se serait terminé par un accord financier entre les deux hommes. Plusieurs années plus tard, en 2009, c’est la chanteuse Rihanna qui sample le « Soul Makossa » de Manu Dibango pour son titre « Don’t stop the music ».

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Disques à succès

Né en 1933 au Cameroun, Manu Dibango est envoyé en France par ses parents à l’adolescence pour y poursuivre ses études, et il s’initie alors à la mandoline et au piano. Le célèbre artiste camerounais Francis Bebey, qu’il rencontre lors d’un camp de vacances, lui apprend aussi les bases du jazz et le saxophone. Ils forment un groupe ensemble et donnent quelques représentations. Après son échec au bac en 1956, et alors que son père le laisse tomber, il part en Belgique se produire dans des cabarets, notamment fréquentés par la communauté congolaise, si bien que son jazz évolue vers des sons africains. Il rencontre à cette époque le mannequin Coco qu’il épouse en 1957, et Le Grand Kalle qui l’engage dans l’orchestre African Jazz, ce qui le conduit à enregistrer plusieurs disques à succès en Afrique et à partir en tournée au Zaïre en 1961. En 1962, Manu Dibango prend alors la gérance d’un club à Léopoldville et sort « Twist à Léo », avant d’ouvrir son propre établissement au Cameroun en 1963, mais cette entreprise se solde par un échec.

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Après son retour en France en 1965, Manu Dibango crée son Big Band en 1967 et participe aux émissions « Pulsations » où il rencontre Dick rivers et Nino Ferrer, pour qui il sera musicien quelque temps, avant de sortir l’album « Saxy party » en 1969 lui permettant de renouer avec son public
africain. En 1972, la chanson « Soul Makossa », succès mondial repris par la suite par Michael Jackson puis Rihanna, emmène Manu Dibango en tournée
internationale. Artiste reconnu, Manu Dibango dirige pendant plusieurs années l’orchestre de la Radio Télévision ivoirienne et sort différents
albums dont « Home made » en 1978, « WakaJuju » en 1982 et « Afrijazzy » en 1986, tout en collaborant avec de nombreux artistes à la renommée pla-
nétaire. En 1988, il publie son autobiographie « Trois kilos de café ».Depuis les années 1990, Manu Dibango poursuit les enregistrements avec succès,
dont « WakafriKa » en 1992, « Négropolitaines » dont le deuxième volume lui vaut une Victoire de la musique, « Lamastabastani » en 1996
et « Kamer feeling » en 2001. En 2010, il se voit décerner la Légion d’honneur et en 2019, remonte sur scène pour une tournée anniversaire, célébrant
ses 60 ans de carrière. Adieu la légende !

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