La mission est là depuis la semaine dernière pour apprécier la santé économique du pays. Le ver n??a pas pu être tiré du nez des principaux acteurs en ce début des échanges entre la partie camerounaise et la délégation du FMI (Fonds monétaire international). Ni le ministre des Finances, ni le chef de la mission n??ont dit de manière claire, si oui ou non, la présente mission aboutira à un nouveau programme entre le Cameroun et l??institution de Bretton Woods. La presse s??est montrée pourtant offensive par rapport à la question, mais le morceau n??a pas été lâché. Dans
le programme officiel, le sujet est néanmoins inscrit à l??ordre du jour des échanges, vendredi prochain. On parle plus exactement de « discussions préliminaires pour un nouveau programme appuyé par la facilité élargie de crédit ». Et si on s??en tient à la terminologie utilisée, il ne s??agira, au cours de la présente mission, que des préludes et des préambules sur l??éventualité des négociations devant aboutir à un nouveau programme. Ce qui est certain cependant, c??est que la mission en cours s??inscrit dans le cadre des consultations au titre de l??article 4 des statuts du Fonds monétaire international qui prescrit la surveillance des régimes de change. A ce titre, le Fonds contrôle le système monétaire afin d??en assurer le fonctionnement effectif. Il contrôle la manière dont chaque Etat membre remplit ses obligations. Mauro Mecagni, le chef de la mission, rappelle que le Cameroun a été affecté par la crise financière internationale, l??an dernier. Il est donc question, pour le Fonds, d??examiner avec les autorités du pays, la situation économique actuelle du Cameroun, sonder l??avenir sur la base des performances actuelles et des stratégies pour affronter les défis. Mauro Mecagni estime que le document de stratégie pour la croissance et l??emploi est une bonne initiative pour réorienter la politique économique du pays, mais il reste que les défis sont grands. On ne pourra les relever, estime Essimi Menye, ministre des Finances, qu??en s??accrochant sur les secteurs productifs, en aidant l??agriculture à décoller. Car si elle décolle, la redistribution des fruits de la croissance se ressentira dans l??arrière pays. Pour le MINFI, une économie basée sur le pétrole ne doit pas être une fixation pour le Cameroun. Il révèle d??ailleurs que l??an dernier des explorations ont été lancées à coût de milliards de Fcfa sans grand succès. Essimi Menye plaide pour un appui plus soutenu au secteur des infrastructures par les bailleurs de fonds, avec l??électricité comme produit phare. Le Cameroun envisage de faire de l??électricité son premier produit industriel car, avec le projet de Lom Pangar dont le dossier de financement va bientôt être bouclé, celui de Memve??ele ou le projet de Nachtigal, le Cameroun compte produire assez d??électricité pour alimenter la sous-région. Seront donc passés en revue, au courant de la mission du FMI, la situation macro-économique, l??exécution du budget 2009, la politique de subvention de l??Etat, le cadrage budgétaire 2010 et la cohérence avec le DSCE. Les opérations pétrolières de la SNH seront vérifiées de même que les données du système bancaire. Le FMI s??intéressera aux entreprises comme la CAMAIR, la CAMPOST, la CAMTEL, la CDC, etc.
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