Société

Le Cameroun prépare le rapatriement de 5000 réfugiés nigérians

Sous hautes instructions du président de la République, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji séjourne à Maroua où il a présidé mercredi 10 février, une réunion en prélude à cette opération.

La chaleur affective et l’hospitalité du Cameroun célébrées, il est temps de retourner au bercail pour plus de 5000 réfugiés nigérians. Ces derniers à qui l’amour du pays natal manque, ont exprimé le désir de retourner sur leurs terres après un séjour qu’ils disent mémorable dans leur patrie d’accueil et principalement à Minawao dans la région de l’Extrême-Nord où ils ont passés une partie de leur vie dans ce camp, aux petits soins du gouvernement camerounais. Venu le moment de partir, l’heure est aux négociations et aux réglages de dernières modalités avant leur embarquement pour le Nigeria. C’est là toute la raison du séjour du ministre de l’Administration territoriale à Maroua où se prépare la deuxième vague de rapatriement volontaire de ces réfugiés. A ce sujet, les autorités camerounaises ont rencontré, les officiels nigérians et les représentants du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (Hcr).

Il s’agit de peaufiner des stratégies pour cette opération qui n’est pas une mince affaire. Au total, ils sont plus de 69 000 nigérians installés au camp des réfugiés de Minawao dans le Mayo- Tsanaga. Ils y sont à la suite d’un accord tripartite signé entre le Cameroun, le Nigeria et le Hcr. Le président de la République, a souligné Paul Atanga Nji, a « donné les instructions afin que le processus de rapatriement soit encadré ». Paul Biya a donc mis à la disposition des facilités pour accompagner cette opération. De la réunion tripartite Cameroun-Nigeria-Hcr, jailliront les modalités y relatives parce qu’il est question, apprend-on, d’examiner les éventuelles difficultés et comment faire pour les supporter. Le gouverneur de l’Etat fédéré de Borno, le professeur Baba Gana Oumarou Zouloum a pour sa part brosser un compte-rendu de ce qui a déjà été fait pour l’accueil des rapatriés volontaires au Nigeria.

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Covid-19 et surpopulation

A en croire nos confrères de stop blablacam, plusieurs difficultés ont retardé le rapatriement qui aurait dû se faire depuis quelques mois. Outre la pandémie du Covid-19, la difficulté majeure était liée à l’insécurité dans les zones de retour des réfugiés surtout dans l’Etat du Borno, zone d’origine de 80% des réfugiés vivant dans le camp de Minawao, explique Mylène Ahounou, la cheffe de la sous-délégation Unhcr à Maroua. Pour mémoire, après la réunion du Groupe de travail technique (Gtt) tenue à Yola en juillet 2019, le premier convoi de rapatriement des réfugiés nigérians dans les Etats d’Adamawa et de Bauchi par avion a été lancé le 22 août 2019. Cependant, c’est depuis le 2 mars 2017 que les gouvernements de la République du Cameroun et de la République Fédérale du Nigeria, ainsi que le Hcr, ont signé l’Accord tripartite relatif au rapatriement volontaire des réfugiés nigérians vivant au Cameroun.

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Initialement construit pour accueillir 20 000 réfugiés, le camp de Minawao situé à 70 km de la frontière Cameroun-Nigeria est débordé depuis des années. Le site de 623 hectares ne répond plus à l’afflux des réfugiés en provenance du Nigeria. Près de 8 ans après son ouverture le 2 juillet 2013, Minawao croule sous le poids de près de 50 000 réfugiés supplémentaires. Pour décongestionner le camp, un deuxième site devait être octroyé au Hcr depuis 2015 dans la localité de Tchéré située à une quinzaine de kilomètres de Maroua. Mais depuis cinq ans, le projet peine à se concrétiser.

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