Il ne reste que quelques heures avant l’achèvement des campagnes électorales des candidats à la présidence française à la veille du second tour de l’élection qui se tiendra le 24 avril. Les rassemblements et la communication avec la presse devront s’arrêter complètement à minuit: conformément à la longue tradition politique, le samedi précédant les élections sera marqué par le silence électoral.
Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron qui brigue un second mandat à cette élection a entamé vendredi l’ultime série de rendez-vous pré-électoraux dans la petite commune de Figeac, en Occitanie. Au premier tour, les électeurs de la commune ont donné un nombre presque égal de voix à M. Macron (28%) et au fondateur du mouvement de gauche La France insoumise, le député Jean-Luc Mélenchon (27%).
C’est pour les 7,7 millions d’électeurs (22% des suffrages) qui ont soutenu l’homme politique de gauche au premier tour que M. Macron et sa rivale, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, se battent actuellement. Chacun des deux finalistes cherche à compléter ses propres programmes avec des exigences conformes aux souhaits de l’électorat de La France insoumise.
Selon les dernières prévisions, 57% des électeurs sont prêts à offrir leur voix à Macron et 43% à sa rivale, mais le match n’est pas encore joué. Le président, qui n’a pas participé aussi activement à la campagne avant le premier tour en raison de sa mission diplomatique dans le conflit ukrainien, mise désormais sur la poussée finale, car il est important pour lui de passer la ligne d’arrivée avec une grande marge.
La lutte pour les voix de Mélenchon
Pendant ce temps, Marine Le Pen n’a ménagé aucun effort pour prouver sur la ligne d’arrivée qu’en tant que présidente elle serait bien meilleure que M. Macron pour augmenter le pouvoir d’achat de ses compatriotes et leur participation à la gouvernance, ainsi que pour réduire la dépendance de la France à l’Union européenne. Elle a tenu son dernier rassemblement dans la commune d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Il s’agit d’une région avec l’un des taux de chômage et les problèmes liés à la migration les plus élevés du pays.
Mme Le Pen affirme que le Rassemblement national est désormais « la seule alternative au système » et le choix est « Macron ou la France ».
Les lycéens contre tous
Le mécontentement est également exprimé par ceux qui sont encore assez loin de la retraite. « Ni Le Pen ni Macron! », scandaient des lycéens en bloquant cette semaine les abords des lycées parisiens Lamartine et Louis-le-Grand. « Nous avons de plus en plus le sentiment que les revendications des jeunes ne sont pas prises en compte », a déclaré l’un des participants.
Le rhéteur Victor Ferry a déclaré que le président de la République, du fait de ses cinq années au pouvoir, avait semblé « plus solide » lors du débat télévisé du 20 avril. « Mais parfois », suggère-t-il, « le président apparaissait arrogant ».
Jacques Séguéla, expert de renom dans le domaine de la communication, estime que le chef de l’État devrait « faire attention à ses mimiques ». La pose napoléonienne préférée de Macron, les bras croisés sur la poitrine et l’expression détachée sur le visage, pourrait en effet sembler arrogante. Le maître de la communication a également déploré que le programme du président cette fois n’ait pas eu de slogan attrayant.
M. Macron lui-même rejette les accusations de mépris à l’égard de sa rivale ou de son électorat. « On a eu 2h30 d’un débat qui a été respectueux », a répondu Emmanuel Macron à un journaliste. « On a eu beaucoup de respect l’un pour l’autre, mais [on se] combat sur deux projets qui ne sont pas conciliables », a-t-il ajouté.
Les bureaux de vote dans la métropole française ouvriront dimanche à 8h00, heure de Paris. Les électeurs voteront pendant toute la journée, mais dès midi il deviendra plus ou moins clair si les affirmations des analystes sur l’intérêt réduit des Français pour les élections se confirment. Au premier tour, la participation s’est avérée la plus faible depuis près de 20 ans.
Le dépouillement se déroulera durant toute la nuit de dimanche à lundi, mais les premières prévisions des résultats du scrutin seront faites peu après la fermeture des bureaux de vote à 20h00. Ils seront ensuite commentés par les candidats qui s’adresseront à leurs soutiens.
Le 27 avril, le Conseil constitutionnel proclamera officiellement le nom du nouveau président. Après les deux tours de la campagne présidentielle, la France passera presque immédiatement aux préparatifs pour de nouvelles élections, cette fois à l’Assemblée nationale.
Par le correspondant de TASS Dmitri Gorokhov,
Paris, 22 avril.
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