La corruption s’amplifie au Cameroun, selon un centre d’analyse du Minepat

Le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales (Camercap-Parc) vient de publier, l’édition 2015 de l’analyse dynamique qui évalue les politiques et les institutions du pays.Le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales (Camercap-Parc), sous tutelle du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), continue de faire état des tares qui minent les politiques structurelles du Cameroun. Dans l’édition 2015 de son traditionnel rapport qu’il produit depuis 2014, il a étudié 16 indicateurs (administration, respect du genre, dette, emplois…) pour la période 2011-2013.
Ce qui frappe principalement le lecteur dans ce rapport est le volet concernant la corruption. La qualité de l’administration publique est le plus mal appréciée des critères, selon Camercap. Non pas à la qualité des hommes qui l’animent, mais du système tel qu’il fonctionne dans la pratique, au quotidien et non dans les principes écrits.[i] « En premier, cette inefficacité de l’administration camerounaise est principalement liée au faible intérêt pour le mérite et l’éthique […] La corruption tant combattue résiste et s’amplifie ».[/i]
Il en est de même de l’adéquation de l’adéquation de la rémunération et la gestion de la masse salariale pour trois raisons majeures : [i]« l’absence des fonctionnaires à leurs postes de travail, certains étant même fictifs, l’incohérence du fichier solde et celui du personnel et la rémunération non uniformisée des agents publics. »,[/i] déplore Camercap.
Sur un autre chantier, indique le rapport de la structure, si on reconnaît l’existence des dispositions légales de reddition des comptes par l’exécutif, le fonctionnement des institutions chargées du contrôle ne rassure pas les usagers et les citoyens en général. Encore une fois, la perception de leur action et l’image renvoyée ne donne pas l’impression de cohérence et de recherche d’efficacité. En somme, la gouvernance et la gestion des institutions du secteur public sont identifiés comme des handicaps majeurs pour rendre plus performantes les politiques et instituions du Cameroun. »

Amélioration tout de même…
Le volet « équité dans l’utilisation des ressources publique » pour l’année 2013[i] « s’est modérément améliorée grâce à la mise en œuvre effective depuis le mois de janvier de cette même année, du nouveau régime financier, lequel consacre le budget programme ».[/i] Néanmoins, tous les critères en relation avec la qualité de gestion budgétaire et financière sont restés à un niveau budgétaire et financière sont restés à un niveau modérément satisfaisant.
Contrairement à l’édition 2014, le rapport Camercap-Parc montre tout de même que le Cameroun s’est amélioré sur d’autres plans. L’indicateur « politique de la dette », par exemple, [i]« apparait globalement satisfaisante sur la période en termes de niveau »,[/i] explique le rapport de Camercap. Qui conclut qu’avec une dette établie à 2172,1 milliards de FCFA en 2012, [i]« on peut bien constater que la dette reste à un niveau soutenable même si la coordination entre la gestion de la dette et les autres politiques macroéconomiques n’a pas connu de grandes améliorations ».[/i]
Concernant les politiques structurelles, elles ont présenté, selon le rapport, « une tendance positive » et se sont améliorées au cours des trois dernières années sous revue, gagnant 0,3 point chaque année. Cette croissance régulière d’après Camercap est imputable principalement aux efforts constatés en ce qui concerne les politiques et institutions de promotion économique, et à l’amélioration des performances du secteur financier. Ce qui impacte positivement aussi sur les politiques de croissance et de création d’emplois décents du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce).

Sylvain Andzongo

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