Jeux olympiques 2016: le Cameroun hypothèque ses chances de qualification

Les Lionnes indomptables ont concédé un nul face au Ghana (1-1) samedi dernier à Yaoundé. Match retour prévu dans deux semaines à Accra.Une soirée difficile pour le sélectionneur principal des Lionnes indomptables, l’équipe nationale de football féminin. Carl Enow Ngatchu a perdu le sourire suite au résultat mitigé ayant sanctionné le match aller face au Ghana, samedi dernier au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, comptant pour l’avant dernier tour des éliminatoires des Jeux olympiques de Rio 2016. Le score de parité hypothèque sérieusement les chances de qualification du Cameroun. La Ghanéenne Myles Mercy a ouvert la marque à la 25’. Mais, les Lionnes indomptables ont égalisé à la 54e minute sur un coup franc de leur capitaine Christine Manie.
«Je suis très content du match de cet après-midi. Très fier parce qu’on a évité le pire. Je suis content de mes filles parce qu’elles ont tout donné. Aujourd’hui, tout le monde nous attendait. Le niveau que nous avons atteint en Afrique, si on ne se prépare pas, on ne pourra pas. On peut aller gagner là-bas. Nous sommes très confiants. Le Ghana ne nous a jamais battues à Accra. Ce qui est sûr, c’est que nous allons donner le meilleur de nous si on se prépare bien, même si ça sera encore plus difficile pour nous», a indiqué l’entraîneur camerounais en conférence de presse d’après-match.
L’absence de nombreux ténors, principalement, Cathy Bou Ndjouh, Claudine Meffometou Tcheno, Nchout Ajara, Francine Zouga, Yvonne Leuko, Raïssa Feudjio, Jeannette Yango, Flore Enyégué et Gaëlle Deborah Enganamouit, auteure d’un triplé face à l’Equateur durant le Mondial féminin organisé au Canada du 6 juin au 5 juillet dernier a grandement handicapé l’équipe camerounaise. Gaëlle Deborah Enganamouit, vingt-trois ans, est retournée en Suède où elle évolue au sein du club Eskilstuna United, il y a près de deux semaines.

[b]Match retour[/b]
La buteuse camerounaise n’a en effet pas pris part au stage préparatoire à cette rencontre. Son club suédois a opposé une fin de non recevoir à la demande de libération formulée par la Fédération camerounaise de football. En Suède et en Finlande, les championnats se jouent. En Russie, par contre, la Champions League se prépare. Raisons pour lesquelles le Cameroun n’a pas pu avoir toutes ses professionnelles.
Le match retour prévu dans la capitale ghanéenne dans deux semaines s’annonce explosif. Pour accéder au dernier tour, les Lionnes indomptables, médaillées d’or des Jeux africains de 2011 à Maputo (victoire en finale face au Ghana, 1-0) et vices championnes d’Afrique 2014 en Namibie devront impérativement remporter la rencontre, peu importe le score. Où, à défaut, un match nul de 2 buts partout au moins ferait l’affaire.
L’équation s’annonce difficile, au vue des potentialités de la sélection ghanéenne, et surtout, l’expérience acquise sur la scène internationale. Les «Black Queens» ont réussi à se qualifier pour les phases finales des coupes du monde 1999, 2003 et 2007. En 7 championnats d’Afrique, les Ghanéennes ont été finalistes en 1998, 2002 et 2006, contre une troisième place en 2004. Par contre, leur parcours aux Jeux africains est moins reluisant. Elles ne totalisent qu’une médaille de bronze gagnée à Alger 2007 et une médaille d’argent en 2011, lorsqu’elles furent battues en finale par les Lionnes indomptables (0-1).

[b]Football féminin et amateurisme[/b]
Au-delà des absences de plusieurs footballeuses de talent, le stage bloqué des Lionnes a été bâclé en raison du manque de considération des dirigeants camerounais pour cette sélection. Malgré une performance remarquable lors du Mondial canadien 2015 (huitième de finale), les joueuses d’Enow Ngachu n’ont pas eu la meilleure préparation qu’elles espéraient.
Regroupées au stade Omnisports de Yaoundé le 16 juillet, elles étaient censées rentrer en stage interne au Centre de la Confédération africaine de football (Caf) à Mbankolo, après le début de leurs entraînements le 3 juillet dernier. De sources généralement crédibles à la Fecafoot évoquent une ardoise de 90 millions FCFA, laissée par le ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep) à Mbankomo, ainsi que 70 millions FCFA non réglés dans un hôtel de la capitale. Les mêmes tâtonnements avaient plombé la préparation des Lionnes à la veille du Mondial féminin 2015.
Les Lionnes devraient immédiatement se remettre au travail, non seulement pour préparer le match retour contre le Ghana et le tournoi final des 11e Jeux africains de Brazzaville prévus en septembre prochain. Là également, la tâche s’annonce ardue. Selon le tirage au sort qui s’est déroulé le 9 juillet au siège de la Confédération africaine de football (Caf) au Caire, le Cameroun croisera une fois de plus le Ghana, qui a déjà réussi à se qualifier pour les phases finales des coupes du monde 1999, 2003 et 2007 et disputé trois finales de Can en 1998, 2002 et 2006.
La sélection nationale sud africaine ou Banyana Banyana a été médaillée d’argent en 2000 et 2012 au championnat d’Afrique de football féminin. Elle a été finaliste en 1995, 2000, 2008 et 2012. Elle a gagné deux fois le bronze, en 2006 et 2010. Mais, les Sud-africaines ont crevé définitivement l’écran en obtenant une qualification historique pour les jeux Olympiques de Londres 2012. Pour les Jeux africains, l’Afrique du Sud a échoué en finale en 2003 et 2007.
L’Egypte restera toutefois la grande inconnue de ce groupe. Si la sélection masculine détient le record de titre sur le continent africain (7 Can gagnées en 1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008 et 2010), l’Egypte dans sa catégorie féminine ne figure pas sur le registre des grandes nations du football africain.

[b]Jean Robert Fouda[/b]

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