Jean Jacques Ngong Adji : Passionné par la culture des rameaux

rameaux

L’originaire de Kosmadji dans la région de l’Est consacre sa vie à la production de ces branches.

C’est une affaire de famille. Jean Jacques Ngong Adji a hérité de sa passion pour les rameaux de son père. Il a grandi dans cet environnement au village Kosmadji 1 dans l’arrondissement de Nguelemendouka. « Je peux vous rassurer qu’étant encore dans le ventre de ma maman j’étais déjà en contact avec les rameux. « Ce sont mes parents qui plantaient les rameaux, quand nous étions petits. Il y en avait partout autour de la maison. Ils les entretenaient avec beaucoup de précaution et c’est particulièrement mon papa qui m’a encouragé à m’y intéresser », lance avec un léger sourire le jeune homme de 32 ans. Après le décès de son papa, le jeune garçon a pris la relève d’abord pour honorer la mémoire de son père, cet engagement moral s’est transformé plus tard en une passion : « Au départ je me suis lancé dans la culture et l’entretien des rameaux juste pour faire plaisir à la mémoire de mon père et c’était une manière pour moi de montrer à la famille et à tout le village que je tenais bien l’héritage de mon père », confesse Jean Jacques Adji Ngong. Le jeune homme précise par la suite : « C’est au fur et à mesure que le temps passait que j’ai pris goût et j’ai intégré le rameau dans ma vie ».

Véritable passion, le rameau est devenu une sorte d’opium pour le jeune homme. Sa plantation de rameaux située à proximité de son domicile est la première chose qu’il visite le matin et la dernière en soirée : « Pour moi le rameau est une partie de ma vie. C’est comme une drogue pour moi, même quand je voyage mon esprit est à Kosmadji parce que je pense à mes rameaux » dit-il. Au-delà de l’amour que le garçon éprouve envers le rameau, ce végétal est aussi source de revenu pour lui car le rameau se vend bien et attise les appétits de plusieurs personnes : « Il y a beaucoup de personnes qui viennent ici non seulement pour se ravitailler en souches, mais ils sollicitent aussi mon expertise pour planter les rameaux dans leurs domiciles, et cela n’est pas gratuit. Les prêtres aussi nous sollicitent souvent pour l’entretien de leurs espaces verts qui regorgent les rameaux. Toutes ces prestations me permettent d’avoir un peu d’argent », affirme Ngong Adji. Il poursuit : « Ici au village, on ne gagne pas grand-chose, car il faut attendre la semaine pascale pour voir les chrétiens se mobiliser pour l’achat des rameaux. Une tige est vendue à 25 Fcfa et beaucoup viennent prendre gratuitement ».

Le garçon n’a aucun regret de son amour envers les rameaux : « Je gagne bien ma vie avec le rameau, certes je fais aussi dans l’agriculture comme tout villageois, mais l’exploitation et la culture du rameau restent ma première source de revenu », souligne-t-il. Il rassure par après : « je ne regrette rien aujourd’hui car avec le rameau, j’ai réussi à organiser mon mariage avec tout ce que cela implique dot, état civil et église. Un exploit que beaucoup de personnes n’ont pas réalisé dans ce village », se réjouit le technicien. Marié et père de quatre enfants, nanti d’un Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) en électricité, Jean Jacques Ngong Adji ne rêve plus se rendre en ville pour chercher fortune : « Que vais-je encore chercher en ville ? Mon père m’avait déjà laissé une fortune (rameaux) qui fait mon bonheur et cela me suffit », martèle avec détermination le jeune homme.

Charles Mahop / 237online.com

Ne manquez aucune actualite !

Google Suivez-nous sur Google Actualites

Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *