Politique

Investitures/RDPC: Cavayé Yeguié en danger dans le Mayo-Sava

Une disposition de la circulaire pourrait compromettre l’investiture du président de l’Assemblée nationale.

Chaque fois que l’heure des investitures des candidats du Rdpc aux législatives sonne, les regards se tournent irrémédiablement vers l’inamovible président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril qui trône au perchoir depuis 1992. Et chaque fois, du moins jusqu’ici, le chef traditionnel de Mada dans le Mayo-Sava est toujours parvenu à déjouer les pronostics. Savourant ces moments de gloire, il n’hésite parfois pas à narguer ses adversaires et autres analystes du dimanche avec des formules qui rappellent à qui veut l’entendre ses capacités à rebondir où et quand on l’attend le moins. «On n’apprend pas à un singe à faire des grimaces», aime-t-il à déclarer. Oubliant au passage que son sort tient davantage des calculs du chef de l’Etat comme en témoigne le rejet de sa candidature pour les sénatoriales de 2013…

De toutes les luttes politiques dans lesquelles il a été engagé ces dernières années, celle qui vient de s’ouvrir ne se présente pas pour lui sous de meilleurs auspices. «Afin d’arrimer le parti aux évolutions démographiques et sociologiques de notre pays, il est vivement recommandé : d’encourager l’émergence de nouvelles figures, notamment dans le cas des candidats bénéficiant de la retraite parlementaire», est-il indiqué dans les dispositions diverses et finales de la circulaire du président national du Rdpc, Paul Biya, signée le 15 novembre 2019. Cavaye Yeguié Djibril est à son cinquième mandat consécutif et a depuis longtemps franchi la barrière de 55 ans. Sa retraite parlementaire ne souffre donc d’aucune contestation. Eligible à cette disposition en cas de compétition, c’est une longue épée de Damoclès qui est suspendue sur sa tête.

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Ses détracteurs disent même qu’on aurait pu appeler cette disposition : la disposition Cavaye ; tant ils sont convaincus qu’elle a été élaborée pour lui avec pour objectif de l’éjecter dès la base. L’actuel président de l’Assemblée nationale symbolise auprès d’une certaine génération, une longévité teintée d’archaïsme. Une image qui est loin de séduire au moment où un vent nouveau symbolisé par un appétit croissant de la population pour les affaires publiques, souffle sur la vie politique de la nation. Paul Biya voudrait donner des signaux de rajeunissement et de renouvellement à sa formation politique que la mise à l’écart de Cavaye Yeguié de la course à la députation serait un immense coup de pub. «Le problème n’est pas celui de la longévité. On en retrouve au Senat, on en retrouve au gouvernement, bref dans la quasi-totalité des institutions. Si le chef de l’Etat veut se séparer de son fidèle compagnon, c’est que celui-ci ne lui est plus utile à l’Assemblée. D’ailleurs, entre les deux, la communication n’est plus fluide, ça se voit que quelque chose ne va pas même s’il est difficile de dire quoi exactement. Deux ou trois ans que nous ressentons cela, et oui tout ceci perturbe le président de l’Assemblée nationale qui a toujours tiré sa force de sa proximité avec le chef de l’Etat», avoue l’un des proches du président de l’Assemblée nationale.

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Si l’objectif du chef de l’Etat est d’écarter élégamment Cavaye Yéguié Djibril sans en apparaître comme le donneur d’ordre, on ne peut pas dire que son parti ne s’est pas donné les moyens pour atteindre son objectif. «Amadou Ali, son ennemi intime de longue date, a été désigné à la tête de la commission départementale d’investiture pour les législatives dans la circonscription du Mayo-Sava dont est originaire Cavaye Yeguié. S’il y a une personne qui peut appliquer sans état d’âme la disposition susceptible d’écarter Cavaye Yeguié, c’est bien l’ancien vice-Premier ministre», commente Tada Ghislain, un originaire du Mayo-Sava. Non sans dire que l’inimitié entre les deux hommes est un secret de polichinelle.
Autant dire que la mise sur le vieux singe à qui l’on n’apprend plus à faire de grimaces et qui à moult reprises à su retourner des situations critiques en sa faveur, est aujourd’hui des plus modestes. Une situation qui aiguise naturellement les appétits. Au moment où nous allons sous presse, au moins deux listes conduites par d’adversaires historiques étaient en gestation dans le Mayo-Sava.

Douworé Ousmane

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