Industries Extractives: La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) en question

De nouveaux courants de pensées, de plus en plus partagés, en matière de ressources extractives, la lie étroitement au développement et à l’éradication de la pauvreté sur le continent. On évoque et critique en même temps la responsabilité sociale des Industries Extractives. [pagebreak]La Vision Minière Africaine (VMA) objecte l’« Exploitation équitable et optimale des ressources minières en vue d’une large croissance durable et d’un développement socio-économique. » Convenus de reconnaitre que les stratégies de responsabilité sociale des grandes entreprises en sont pour beaucoup dans le développement social, il faudrait bien par souci de gouvernance distinguer la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) de l’action de l’Etat et des Gouvernements. Ces stratégies de responsabilité sociale des grandes entreprises en effet, semblent se substituer aux responsabilités des États à fournir des infrastructures de base et d’autres biens publics aux populations citoyennes. Et pourtant chacun, de l’Etat comme des Industries Extractives devraient être comptables de ses actions. Les RSE sont donc conçues comme complémentaires aux actions régaliennes.
Il est au contraire attendu des Industries Extractives Africaines qu’elles payent des redevances équitables et accomplissent leurs obligations en matière d’impôts de façon juste et transparente. Et il serait tout aussi productif de voir nos Etats et gouvernements ressortir dans leurs politiques nationales en matières extractives des cadres nationaux de RSE leur permettant entre autres de : d’assurer des processus de consultation ouverts et larges pour la reddition de comptes des entreprises. D’élaborer pour ces cadres nationaux, des indicateurs concertés et inclusifs d’évaluation d’impacts; des consultations avec de multiples parties intéressées ainsi qu’une révision des obligations et des engagements; et la production obligatoire de rapports. Tels sont les éléments de la dynamique qui devrait guider toutes actions dans le secteur. Plusieurs pays africains s’engageront ou se redéployeront dans l’exploitation d’une ressource précise. Ceci doit être pris en compte pour un développement optimal.
Trois millions de tonnes de bauxite par an ! En 2018, le Cameroun sera le plus grand exportateur de bauxite en Afrique. Pour un investissement de 4,3 milliards USD, « l’Afrique en miniature » pourra tirer de ses deux gisements de bauxites de Mini-Martap et Ngaoundal dans le Nord du pays, 554 millions de tonnes de bauxite. L’exploitation de la mine qui durera 75 ans sera gérée par un Consortium de compagnies étrangères Cameron Alumina Limited (Cal). C’est le premier projet du genre dans ce pays d’Afrique Centrale. C’est la future plus grande usine d’Alumine d’Afrique. En termes de responsabilités fiscale ou sociale, ce sont là de grandes et immenses opportunités pour l’amélioration des conditions de vies de population. Dans la région de l’Adamaoua (Nord Cameroun) ou le projet sera mis en valeur, les infrastructures socio-économiques de base (logement, eau, électricité, etc.) sont encore un réel souci pour les populations. Et pourtant…

Eddy Patrick Donkeng, 237online.com

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