Guerre contre Boko Haram: John Fru Ndi à l’hôpital militaire au chevet des soldats blessés

Le chairman du Social Democratic Front (Sdf) était en visite à l’hôpital militaire de Yaoundé hier.[pagebreak]En termes de représentativité au parlement, le Social Democratic Front (Sdf) est le deuxième parti politique au Cameroun, juste derrière le Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir. Sans le dire, Ni John Fru Ndi, président national du Sdf, en se rendant, le premier, au chevet des soldats camerounais et tchadiens blessés sur le front de la guerre contre Boko Haram, a voulu couper l’herbe sous le pied du chef de l’Etat Paul Biya, par ailleurs président national du Rdpc.
Au cours de la visite qu’il a effectuée hier à l’hôpital militaire de Yaoundé, Ni John Fru Ndi n’était pas seul. Il avait dans sa suite une poignée de députés Sdf, parmi lesquels Joshua Osih, l’actuel premier vice-président national du parti et de la commission des finances et du budget. La délégation du parti du « pouvoir au peuple » a été accueillie dans la salle de conférence de la garnison par le secrétaire d’Etat à la Défense en charge des anciens combattants et des victimes de guerre, Koumpa Issa. « Vous savez qu’à l’hôpital, on ne soigne pas seulement avec des médicaments. On soigne également par la nourriture et le réconfort », a souligné le représentant du ministre de la Défense.
Un appel qui a trouvé un écho favorable auprès de son hôte. Puisqu’en dehors des discours politiques, Ni John Fru Ndi a profité de cette descente à l’hôpital militaire pour faire un don de denrées alimentaires aux soldats blessés. Dans ce qui apparait comme la part du Sdf à « l’effort de guerre », on a pu apercevoir deux bœufs, des dizaines de sacs de riz, des bidons d’huile raffinée, et quelques musettes de sel. Le leader du premier parti de l’opposition au Cameroun a insisté auprès des autorités en charge de la Défense pour que ce présent géré à bon escient.
« Je suis venu apporter du réconfort à nos soldats blessés aux combats. Il faut encourager ces hommes qui ont été touchés en défendant notre territoire. Cela va motiver leurs frères d’armes qui sont encore au front. Il est donc nécessaire d’apporter du soutien à ces militaires malades et leur dire qu’ils se battent pour une cause juste. Et qu’ils peuvent compter sur le soutien du leader politique que je suis pour les accompagner », a expliqué John Fru Ndi.
Dans cette opération de séduction, l’homme politique a tenu à rencontrer les blessés de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram. Du bloc opératoire jusqu’à la salle de réanimation, en passant par la salle des brûlés, durant près d’une heure, la délégation du Sdf a eu accès à tout le service d’urgence de l’hôpital militaire. Quelques tapes dans le dos ici, des mots d’encouragement là, le chairman, semblait très touché par les souffrances des militaires blessés. « Des chanceux », comme les désignait le guide du jour en la personne Colonel Abeng Mbozo’o, commandant de cette structure hospitalière.
Cet acte politique de John Fru Ndi survient au moment où une partie, sans doute importante, de l’opinion nationale et internationale s’émeut de ce que le président de la République n’a toujours pas rendu visite aux soldats au front dans l’Extrême-Nord, encore moins aux blessés ou aux familles des soldats disparus dans le cadre de la guerre contre Boko Haram. Il survient dans un contexte où un photomontage posté sur le site internet de la présidence a fait croire que le chef de l’Etat a présidé la dernière cérémonie d’hommage aux soldats tombés sur le champ d’honneur, le 6 mars dernier, alors que Paul Biya est en « court séjour privé » en Europe depuis le 1er mars 2015. D’ailleurs, courant août 2014, le commandant en chef, qui a déclaré la guerre à Boko Haram le 17 mars 2014, avait déjà brillé par son absence à un évènement similaire à la Brigade du Quartier général, à Yaoundé. A noter que le président tchadien, Idriss Déby Itno, avait déjà « brûlé la politesse » à son homologue camerounais, en se rendant au chevet de ses compatriotes blessés et internés à l’hôpital militaire, en marge du dernier sommet de la Ceeac tenu à Yaoundé.

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