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Gouvernement : Voici le futur premier ministre français

Les analystes politiques parisiens ont passé la semaine dernière à deviner qui sera nommé par le président français Emmanuel Macron comme le nouveau premier ministre du pays.

Le dirigeant de la République, élu le mois dernier pour un second mandat de cinq ans, devait nommer le nouveau chef du gouvernement immédiatement après son investiture le 7 mai, mais il a décidé de prolonger le délai, et la décision présidentielle ne sera pas annoncée avant le lundi 16 mai.

Les trois premières

En examinant une liste des candidates possibles, les analystes politiquent ont choisi trois personnes. Ces derniers jours, le nom d’Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, est devenu prépondérant. Avant sa première élection à ce poste international influent en 2017, elle avait déjà fait partie du gouvernement en tant que ministre française de la Culture et de la Communication.

Audrey Azoulay est considérée comme proche du parti socialiste français, car sa nomination au gouvernement avait été l’initiative du prédécesseur d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le socialiste François Hollande. À l’Unesco, elle s’occupe non seulement de culture, de science et d’éducation, mais aussi d’environnement.

Une autre candidate importante est Marisol Touraine. Elle a également été ministre des Affaires sociales et de la Santé sous la présidence de François Hollande. Actuellement, l’ancienne ministre est à la tête d’Unitaid, une organisation qui supervise les programmes de financement de la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Comme l’estiment les experts, l’expérience d’Audrey Azoulay et de Marisol Touraine en tant que négociateurs internationaux leur serait utile dans le cadre des consultations difficiles avec les syndicats français sur la réforme des retraites.

La ministre du Travail Élisabeth Borne reste également sur la liste des candidates. Elle fait partie des ministres expérimentés et a déjà été ministre des Transports et de la Transition écologique. Ingénieure de formation, elle a été promue « ingénieur général » en 2007.

« Gouvernement intérimaire »

La personne qui dirigera le nouveau gouvernement s’avérera inévitablement intérimaire. Dans moins d’un mois, la France aura les législatives qui se tiendront en deux tours, les 12 et 19 juin. Une fois qu’elles sont terminées, le gouvernement devrait, par tradition, être remanié. Pour défier le parti au pouvoir, les gauchistes ont décidé de s’unir au sein de la Nouvelle union populaire écologique et sociale. Un accord pour former une nouvelle union a été conclu après la présidentielle: La France insoumise dirigée par Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste avec Olivier Faure à la tête, le Parti communiste français dirigé par Fabien Roussel, ainsi qu’Europe Écologie Les Verts présidé par Yannick Jadot.

La voie de gouvernement, c’est l’anticapitalisme?

Jean-Luc Mélenchon qualifie d’ »anticapitalisme » la voie du futur gouvernement. L’un de ses points clés est d’améliorer le niveau de vie et de surmonter les inégalités dans la société. Il promet de porter le salaire minimum à 1.400 euros par mois et de geler les prix des produits de première nécessité. Le politicien évoque des zones de pauvreté, par exemple à Marseille, où se trouve, selon lui, le quartier le plus pauvre d’Europe. Il s’oppose au relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, car pour bénéficier d’une pension complète, il faudrait en fait attendre jusqu’à 70 ans.

Il se dit convaincu que le capitalisme moderne est incapable de s’ajuster en adaptant sa politique aux exigences de l’époque.

Le verdict du professeur Dominique Reynié

Le directeur de la Fondation pour l’innovation politique Dominique Reynié voit dans la formation de cette coalition hétérogène dépassant les frontières des partis une nouvelle preuve que les partis en France se sont effondrés et les syndicats sont pratiquement morts. Cependant, après cinq heures de débat lors d’une réunion du Conseil national du parti, cet accord a recueilli 62,3% des voix. Les critiques prédisent l’effondrement de la coalition. Selon Gilles Le Gendre, député du mouvement La République en Marche, La France insoumise cherche à soumettre le Parti socialiste.

Dmitri Gorokhov / 237online.com

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