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Formation: Cameroun veut être le berceau du 7ème art en Afrique

Tout se met en place pour que le pays de Dikongue Pipa et de Bassek Ba Kobhio devienne une locomotive du cinéma en Afrique.

Des pionniers du cinéma camerounais ou du cinéma au Cameroun, tels que Jean Pierre Dikongue Pipa avec « Muna Moto », et Bassek Ba Kobhio pour « Le Grand Blanc de Lambaréné » à l’aube de l’indépendance, à la génération des débuts des années 2000, à l’instar de Jean Pierre Bekolo avec « Les saignantes », « Les armes miraculeuses », le cinéma camerounais ne cesse de s’enrichir de professionnels, les Nouvelles technologies de l’information et de la communication aidant. La plus part de ces cinéastes ont une reconnaissance au niveau international.

C’est le cas de Françoise Ellong avec son premier long métrage waka (Prix spécial du Jury Khouribga 2013, au Maroc) et le Dikalo Award d’encouragement pour la 1ère œuvre de long-métrage au Festival de Cannes 2013 ; ou encore la jeune Yolande Welimoum, réalisatrice du film “Héritage”, sorti en 2016 ; et la liste est exhaustive. Le cinema camerounais d’expression anglaise (dans les regions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest) est encore plus illustrative. Les critiques s’accordent d’ailleurs à reconnaitre que ce cinema est plus professionnel que celui pratiqué dans la partie française du pays.

Avec l’existence du Festival Ecrans noirs, qui se tient annuellement dans la capital politique, le Cameroun est l’unique pays en Afrique centrale à avoir un grand événement dédié au cinema et l’un des rares en Afrique francophone après le Fespaco et les Journées du cinéma de Carthage. Le gouvernement entend capitaliser ces atouts pour faire du Cameroun une terre du 7è art, avec l’onction que l’industrie culturelle apporte une part très importante dans le PIB des pays comme les Etats-unis d’Amérique avec Hollywood, l’Inde avec Bollywood et le Nigeria avec Nollywood. « Nollywood génère 590 millions de dollars (plus de 295 milliards de FCfa, Ndlr) par an estimant qu’une meilleure gestion de ce secteur permettrait de créer un million d’emplois de plus, la Banque mondiale aide actuellement le gouvernement nigérian à soutenir l’industrie du divertissement », écrivait le site AfriqueRenouveau en 2013.

C’est bien cet objectif que le gouvernement camerounais compte atteindre. Et pour y parvenir, le gouvernement mise sur la formation en vue de la professionnalisation du secteur de la cinématographie. Depuis la rentrée scolaire 2018 pour l’année scolaire 2018-2019, les métiers du cinéma et de l’image sont inscrits dans les programmes de l’enseignement secondaire avec à la clé le Baccalauréat dans différentes branches de la filière : écriture du scénario, réalisation, montage, jeu d’acteur, etc. A en croire les sources dignes de foi, le gouvernement travaillerait actuellement sur les modules afin que l’enseignement du cinéma puisse démarrer effectivement cette rentrée scolaire 2019 pour l’année 2019-2020.

L’école régionale de la culture au Cameroun

A côté de cette initiative des autorités camerounaises, les particuliers veulent aussi apporter du leur à la formation et la professionnalisation du cinéma. Des volontés, notamment de la diaspora camerounaise du 7è art, se sont manifestées à l’issue de la 23èmé édition le festival Ecrans noirs, qui s’est tenue à Yaoundé du 13 au 20 juillet 2019. Au rang de celles-là, on compte l’humoriste, acteur et réalisateur de cinéma franco-camerounais, Thomas Ngijol : « J’ai eu la chance de faire des films en Europe et j’ai envie de m’investir pour de vrai dans mon pays d’origine. Je suis en situation de pouvoir partager et faire avancer mon pays. On a des réseaux, on a de choses formidables à faire profiter au pays », avait-il alors déclaré.

Et mardi 13 août dernier, la photographe et réalisatrice franco-camerounaise, Osvalde Lewat, autrice de « Une affaire de nègres » et « Les neuf de Bepanda », a fait sien, son engagement à offrir des formations dans les métiers du cinéma et de l’image aux jeunes de 15 à 22 ans des lycées et collèges du Cameroun dans un projet qui va se déployer sur l’ensemble du territoire d’octobre 2019 à avril 2020. « Je suis venue rencontrer le ministre de la culture, parce que je suis porteuse d’un projet de formation, d’éducation à l’image en direction des jeunes des lycées et collèges. Ce sera sous forme d’ateliers qui auront lieu l’année prochaine, à Yaoundé, et qui va réunir les élèves de tout le territoire camerounais », a-t-elle déclaré à la presse, à l’issue de l’audience que lui a accordée le ministre des Arts et de la culture (Minac), Pierre Ismaël Bidoung Mkpwatt, le 13 août dernier.

Et comme si les violons se sont accordés pour faire du Cameroun, la locomotive du cinéma en Afrique centrale et pourquoi pas en Afrique en général, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) sollicite le pays de Pays Biya pour abriter l’Ecole régionale des métiers de la culture « J’ai été très surprise de voir la manière dont les jeunes, avec le peu de moyens qu’ils ont, ici au Cameroun, vivent la scène comme une réalité. Ils peuvent utiliser la même énergie pour faire des films comme nous avions Chaka Zoulou. Le Cameroun est avancé, il doit tirer les autres », avait déclaré la SG de la CEEAC, Mme Olympe Kombile, lors de l’audience que lui accordait le Minac, vendredi 19 juillet 2019, alors que s’éteignaient les lampions de la 23ème édition du Festival Ecrans noirs.

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