Feuilles de route ministérielles : Où en est-on ?

Destinées à rationaliser l??action gouvernementale, les feuilles de route tardent à produire les résultats attendusEn dépit des contraintes liées aux ressources financières, matérielles et humaines auxquelles font face les ministères, l??exécution des feuilles de route du second semestre 2009 a enregistré des progrès, avec notamment des délais passablement courts. C??est le constat que le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang a établi jeudi 28 janvier dernier lors du tout premier conseil de cabinet de l??année 2010. Pour l??année en cours, le chef du gouvernement a prescrit une

exécution rigoureuse de ces feuilles de route et ceci, dans la perspective de l??atteinte des objectifs de croissance et de développement de notre pays, objectifs qu??a rappelés le président Paul Biya lors du conseil ministériel du 3 juillet 2009.M. Philemon Yang est allé jusqu??à dicter à ses collaborateurs, la feuille de route de leur département ministériel : ainsi, les ministres doivent veiller avant tout à s??approprier le contenu de ces documents, ensuite à les diffuser auprès de leurs collaborateurs et enfin, ils doivent s??assurer que leur mise en ??uvre sera strictement suivie. Ce sont-là des évidences, qui peuvent paraître inutiles à rappeler à des hauts responsables, mais que le Premier ministre a tenu à répéter à ses collaborateurs, au risque d??agacer, afin que nul n??en ignore. Ce rappel du Premier ministre pourrait aussi indiquer qu??il n??est pas tout à fait satisfait de l??exécution de ces feuilles de route.Qu??on se rappelle, lors du conseil ministériel du 3 juillet 2009, le chef de l??Etat, en s??adressant à l??équipe gouvernementale formée le 30 juin dernier et conduite par le Premier ministre Philémon Yang, avait invité celle-ci à remettre en vigueur l??usage des « feuilles de route » dans les ministères, en vue d??une meilleure évaluation des actions qui seront menées. Un délai de six mois avait même été prescrit aux responsables du secteur de l??énergie pour « rendre compte des actions entreprises » en vue de résorber les déficits préjudiciables aux entreprises et industries, ainsi qu??aux ménages camerounais.En réalité, l??énergie n??est que l??un des quatre secteurs où le Chef de l??Etat attend des mesures urgentes de la part du gouvernement. Les trois autres secteurs étant l??agriculture, les grands projets miniers, les infrastructures. Ce sont là des secteurs-clés qui doivent être redynamisés pour un véritable décollage économique de notre pays.Certains l??ont peut-être déjà perdu de vue, les objectifs que le chef de l??Etat s??est fixé à travers la politique des «Grandes Ambitions » définie au début du septennat en 2004 demeurent inchangés : le développement du Cameroun et l??amélioration des conditions de vie des Camerounais. Dans tous ses discours de campagne à la veille de la présidentielle du 11 octobre 2004, le président Paul Biya avait promis à ses concitoyens que les choses allaient changer. Elles ont effectivement commencé à changer, mais avec une majestueuse lenteur. Et depuis l??atteinte en avril 2006 par notre pays du point d??achèvement de l??initiative Ppte, on donne l??impression de faire le sur-place. Devant la lenteur du changement, le chef de l??Etat est monté au créneau pour secouer l??inertie. Les feuilles de route constituent justement une des réponses du président de la République au problème de l??inertie au sein des administrations.

NDZINGA AMOUGOU, CT

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