C??est un exposé du ministre d??Etat, ministre de l??Administration territoriale et de la Décentralisation qui rappelle le projet au bon souvenir des Camerounais. Lors du conseil de cabinet du mois de mars, mercredi dernier, dans les services du Premier ministre, Marafa Hamidou Yaya est revenu sur la volonté des pouvoirs publics de sécuriser le système national de l??état civil. Une volonté motivée par un certain nombre de dysfonctionnements observés depuis des années. Et à l??heure où l??on aborde des sujets aussi sensibles que la constitution du fichier électoral, l??aménagement du territoire, la sécurisation de la nationalité camerounaise?? il s??avère urgent
de passer à la phase pratique. Le constat est fait : le service public voué à l??enregistrement des étapes essentielles de la vie des citoyens (naissance, mariage, décès) a vu sa crédibilité s??effriter au fil des dernières années. Au point où ?? le Minatd l??a d??ailleurs souligné ?? les risques de manipulation sont évidents. L??état civil, en amont, va donc avoir des répercussions importantes en aval, sur les autres aspects que sont la nationalité camerounaise et même le fichier électoral, cités à juste titre par le ministre d??Etat. Moralité : il est plus que temps d??agir. De moderniser et au final de sécuriser le système camerounais d??état civil. En 2010, le travail manuel est encore de mise dans les mairies et autres centres d??état civil du pays. La confection des actes de naissance se fait donc selon une vieille procédure aujourd??hui minée par les erreurs et surtout le faux. Les trafics d??acte de naissance, de mariage et même de décès ont trouvé un terrain fertile dans les couloirs des mairies, à cause d??un système reconnu comme poreux. Aujourd??hui, il est banal qu??un enfant se retrouve avec deux actes de naissance dans un cas de discorde entre ses deux parents. La même chose est possible avec l??acte de mariage ou l??acte de décès, souvent utilisé par les faussaires opérant dans le trafic des actes de carrière à la Fonction publique. Bref, exactement comme on obtient un permis de conduire moyennant un peu d??argent, avoir un acte de naissance avec le contenu de son choix est l??une des choses les plus faciles. C??est tout cela qui pousse aujourd??hui le gouvernement à penser à la sécurisation. Avant que la situation ne devienne incontrôlable, une gestion plus rigoureuse et plus saine du système s??impose, si l??on veut garder, par exemple, la maîtrise de la nationalité camerounaise. Il est, en effet, établi que si plusieurs étrangers réussissent à devenir Camerounais, c??est aussi parce qu??ils ont pu se faire délivrer de faux actes de naissance. Et cette sécurisation passe par des préalables. L??informatisation semble incontournable à ce niveau. Des expériences ont d??ailleurs été tentées depuis quelques années dans le cadre d??un projet-pilote dans certaines municipalités du Cameroun. Elles permettront d??évaluer les avantages, mais aussi la difficulté. Car comme le disent les pessimistes, ce sont toujours les hommes qui manipulent et insèrent les données dans les ordinateurs. Mais sans minimiser la marge d??erreur, ce serait une sacrée avancée. Par exemple, les personnes qui perdent accidentellement leurs actes auraient ainsi plus de facilité à les remplacer en respectant la loi. Les amateurs de faux auraient sans doute aussi moins de facilités à infiltrer le réseau. Alors, qu??est-ce qu??on attend ?
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