La société italienne Eni ne paiera pas les livraisons du gaz russe en roubles, car il n’en a pas la possibilité. C’est ce qu’a déclaré le chef de la société Claudio Descalzi en s’exprimant lors du Forum mondial de l’énergie aux Émirats arabes unis.
M. Descalzi répondait à la question du modérateur de la session de savoir si Eni continuait d’acheter du pétrole russe. Il a précisé qu’Eni avait déjà annoncé son retrait du projet commun Blue Stream avec la Russie et que les projets conjoints avec Rosneft étaient gelés depuis 2014.
« Donc, le seul gros problème, c’est le gaz. Oui, nous n’avons pas d’actifs en Russie, nous n’y avons pas de projets. Mais nous achetons du gaz russe. Ils nous ont demandé de le payer en roubles. Nous ne pouvons pas le faire car nous n’avons pas de roubles. Et cela n’est pas prévu par le contrat qui précise les règlements en euros. Vous ne pouvez pas le modifier unilatéralement. Pour un tel changement, il doit y avoir un accord. […] Oui, maintenant le gaz russe est fourni à l’Italie à travers le territoire de l’Ukraine. Mais nous ne sommes pas sûrs des livraisons futures, pour être honnête », a-t-il conclu.
Le patron d’Eni a reconnu que l’Europe n’avait jamais pensé à l’avenir de sa sécurité énergétique. Il estime que l’Italie pourrait obtenir des livraisons alternatives depuis l’Afrique. « Actuellement, l’Afrique est la seule solution. Les États-Unis pourraient être une option mais leur gaz ne suffit pas. L’Afrique est une belle opportunité puisqu’ils ont besoin de se développer alors que nous avons besoin de gaz », a résumé Claudio Descalzi.
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