Echanges: La France perd du terrain au Cameroun

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Malgré la réduction des parts de marché de ce pays, le Cameroun reste son principal partenaire commercial hors pétrole en Afrique centrale.La conjoncture internationale a dicté le comportement des échanges entre la France et le Cameroun ces dernières années. En 2012 par exemple, alors qu’on est en pleine récession dans l’hexagone, le pays maintient la balance commerciale avec le Cameroun en équilibre. Dans un contexte globalement marqué par la chute des importations, le Cameroun va rapporter 452 millions d’euros (plus de 296 milliards de Fcfa) à la France cette année-là, contre 217 millions d’euros (142,135 milliards de Fcfa) encaissés.
Ces chiffres auraient pu refléter une autre réalité si entretemps, les échanges les deux pays n’avaient pas connu d’érosion. Selon la direction générale du trésor français, «la contraction de nos échanges globaux ne doit pas masquer la constance avec laquelle progressent nos exportations dans le pays. Nos ventes, poursuit-on au ministère des Comptes publics, favorisées par la présence diversifiée de nos entreprises au Cameroun, s’appuient sur quelques piliers sectoriels solides. Notre excédent bilatéral est bien ancré et renforcé par la chute des achats français d’hydrocarbures et par les effets de la conjoncture européenne sur notre demande intérieure».
Si les exportations françaises de produits manufacturés se portent plutôt bien, reste que sur le plan de l’occupation du terrain, la Chine a orchestré une percée fulgurante. Ainsi par exemple, de 41,7% de parts de marchés en 2000, la France aujourd’hui atteint péniblement 18%. En effet, les Chinois aujourd’hui occupent tout l’espace. Si au sortir d’une audience à l’Elysée Paul Biya, le chef de l’Etat, indiquait que la Chine ne prend rien à personne, la présence de ce pays fait les affaires du gouvernement avec de nombreuses actions dans le BTP, la construction de routes, de stades de football, l’urbanisation des villes etc… ce qui érode la puissance de la France.
La Chine tous les jours, conforte sa position de premier bailleur de fonds du Cameroun depuis quelques années. En effet, à fin 2014, l’empire du Milieu, qui contrôle la quasi-totalité des grands projets d’infrastructures au Cameroun, détenait officiellement un portefeuille d’investissements estimé à 1850 milliards de Fcfa. Loin devant la France qui, à travers l’Agence française développement (Afd), tente de colmater les brèches de ce retard. Ainsi, selon cette institution, dans un document qui date de 2013, l’on apprend que «les financements accordés par l’Afd sont importants en volume, le Cameroun étant traditionnellement l’un des principaux bénéficiaires des financements de l’Afd en Afrique par an en moyenne depuis 2002».
La France privilégie les domaines tels l’agriculture, le secteur forestier, les infrastructures, l’éducation, la santé, l’énergie, le développement du secteur privé à travers des instruments tels les prêts, les subventions, le Contrat de désendettement et développement (C2D) dont les montants sur la période 2006-016 plafonnent à 566 milliards de Fcfa ou encore les prises de participation…
Si les deux puissances ne se sont jamais publiquement affrontées, reste cependant que plusieurs projets ont été attribués à une entreprise de l’un ou l’autre pays au prix de pressions politiques. Davantage au profit de la France quand bien même la Chine présentait une offre plus compétitive. Le projet de construction du deuxième pont sur le Wouri en est la parfaite illustration. Des études d’opérateurs chinois avaient abouti sur une proposition forte : un pont pour un coût de 65 milliards contre 86 milliards de Fcfa pour la France. Soit 22 milliards de Fcfa de plus. Mais aujourd’hui, c’est la Chine qui exécute les travaux.

[b]Pierre Célestin Atangana[/b]

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