Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud) a rencontré la presse hier lundi 11 mai 2009 pour dégager sa responsabilité et repréciser la réglementation. On s??attendait
à ce que le délégué donne sa version des faits. Mais le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Dcud), Fritz Ntonè Ntonè, a habilement esquivé la question-piège relative à l??affaire Yaouba Sidiki. Percepteur du concessionnaire du marché central de Douala, il est actuellement gardé dans les geôles de la division régionale de la police judiciaire du Littoral, pour avoir, non seulement extorqué plusieurs millions Fcfa aux commerçants, mais aussi pour avoir tenté d??acheter le Dcud avec 35 millions Fcfa peu avant son arrestation. Au cours du point de presse d??hier lundi 11 mais 2009 dans son cabinet, Fritz Ntonè Ntonè, après avoir indiqué que les enquêtes sont en cours n??a pas souhaité s??exprimer sur cette affaire.
Le Dcud a plutôt axé son propos sur la gestion des marchés dont la terminologie est galvaudée selon lui, la typologie des marchés disséminés dans la ville de Douala, les objectifs poursuivis par le processus de recasement des commerçants du marché central, la procédure d??attribution des espaces et des boutiques et le phénomène de sous location ?? Au sujet de la terminologie, le Dcud rappelle d??entrée qu??au lieu de régisseur du marché central avec qui la Cud n??a aucun lien contractuel, il s??agit plutôt du percepteur du concessionnaire, le régisseur étant un agent du receveur municipal désigné pour percevoir les fonds et s??occuper des marchés gérés en régie. Concernant le recasement des vendeurs vers l??hôtel Aristha, cette mesure vise à ??redonner la configuration initiale au marché central où quelque 6 mille commerçants doivent être relogés??, révèle Ntonè Ntonè. Ce dernier poursuit en le déplorant, que les concessionnaires, les responsables des associations des commerçants -qui sont du reste dans le collimateur de l??exécutif de la communauté- s??arrogent le pouvoir d??attribuer des espaces et des boutiques dans les marchés. Or, cette prérogative est la compétence exclusive de la Cud.
De gros enjeux financiers Pour l??opération de recasement des commerçants du marché central, la Cud a exclu le concessionnaire du processus. C??est pourquoi cette tâche a été dévolue à un promoteur dont la structure est appelée Trascone sarl avec pour responsable Julien Mvondo. Pour avoir un espace ou une boutique au sein dudit marché, il faut débourser 360 mille Fcfa. En principe, ce montant ne devrait pas excéder 300 mille Fcfa. Mais, en raison des arriérés dus au non-paiement du droit de places et autres, cette somme est chiffrée à 360 mille Fcfa, a indiqué le Dcud. Fritz ntonè Ntonè rappelle que les espaces commerciaux sont classés en 5 catégories (les marchés purement publics : cas du marché Central, New Deido??) ; les marchés dont la construction a été supportée par l??Etat qui n??est pas propriétaire du terrain (marché Sandaga??) ; les marchés dont le terrain appartient aux privés qui en assurent d??ailleurs la construction (Dakat, Monkam??) ; les marchés dont le terrain relève du domaine de l??Etat et la construction du privé (Mboppi, Congo??) ; et enfin les marchés dont le terrain appartient à l??Etat et un protocole d??accord avec un promoteur a été conclu. Finalement, la sortie médiatique du Dcud aura été une opération didactique destinée à éclairer la lanterne du public, des commerçants et des responsables qui s??étripent au quotidien dans l??optique d??avoir le contrôle de la gestion des marchés qui charrient de gros enjeux financiers.
Par Alain NJIPOU, Le Messager



