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L'ouverture sur le Cameroun

Des clés pour mieux comprendre le budget 2010

Elle s??impose au centre de l??actualité nationale, cette loi de finances 2010 soumise depuis quelques jours à l??examen de la représentation nationale. Suite à la présentation qu??en a faite mercredi dernier le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang. Tout se passe comme si le gouvernement mettait les bouchées doubles pour rattraper le retard imposé à notre pays par la crise financière et économique mondiale dans la poursuite de la mise en ??uvre de la politique des Grandes ambitions impulsée par le président Paul Biya. On sait l??impact particulièrement nocif et ravageur qu??ont eu ces événements sur l??activité économique et la vie de la nation en 2008 et au cours de l??année en cours. Tributaire naturellement d??un environnement international défavorable, le Cameroun s??est vu contraint de se réajuster par rapport

à ses objectifs de départ. Sans sacrifier l??essentiel : poursuivre la lutte contre la pauvreté afin d??améliorer substantiellement les conditions de vie des populations. Certes, si la croissance de l??économie mondiale se redresse, l??assainissement voulu est loin d??être achevé. Au point que l??activité reste éloignée de son niveau d??avant la crise. Ce qui n??a nullement freiné l??élan du gouvernement dans sa détermination à passer à la vitesse supérieure dans sa stratégie globale de développement. En faisant place nette à l??investissement. Au détriment du fonctionnement devenu au fil des années cette sorte de vache à lait, source de nombreuses convoitises et de man??uvres parmi les moins orthodoxes. Les ressources prévues pour l??investissement en 2010 connaissent un accroissement qui semble augurer d??une ère nouvelle, d??un changement stratégique d??envergure. Normal dans cette approche novatrice, volontariste et fécondante que des projets structurants tiennent une place de choix. A l??instar de ce barrage de Lom Pangar qui focalise tant d??espoirs, dans la perspective d??une résorption très souhaitée et attendue du déficit énergétique qui plombe l??activité industrielle et économique de notre pays depuis plusieurs années déjà. A cet égard, il est loisible de constater que l??élaboration du budget 2010 a parfaitement respecté les orientations du chef de l??Etat qui, lors du conseil ministériel du 3 juillet dernier, avait prescrit notamment « une accélération de la mise en ??uvre du programme de développement énergétique, la conduite à terme des projets industriels et miniers fortement perturbés par la crise, un renforcement du programme de développement des infrastructures afin de répondre aux besoins exprimés par les populations ». On se rappelle qu??à l??occasion, le président de la République avait également demandé aux membres du gouvernement de faire preuve de rigueur, de gérer rationnellement les ressources mises à leur disposition, avant d??instruire la poursuite de la lutte contre l??inertie et la corruption « qui freinent l??action gouvernementale ». Le budget 2010 se veut donc un outil efficient au service d??une croissance durable, une matérialisation de la stratégie pour la croissance et l??emploi. De fait, la première étape sur la voie de l??émergence du Cameroun à l??horizon 2035, avec un accent particulier sur l??accroissement des infrastructures, le développement des industries et services, l??éducation, la santé. Car, en effet, à côté des projets structurants appelés à générer emplois et richesses, les secteurs sociaux demeurent l??une des priorités absolues dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté.Ainsi s??expliquent l??élargissement et le renforcement de l??offre d??éducation tels qu??ils ressortent de ce budget 2010 : 397 milliards de F pour ce secteur, soit une augmentation de 12,5 % par rapport à 2008. Une option fondamentale qui se traduit déjà par une dotation des établissements en infrastructures, la contractualisation des enseignants vacataires, un recrutement continu dans les universités où le ratio étudiants/enseignant s??améliore, puisqu??il est passé de 55 à 48 entre 2008 et 2009. Il est clair ainsi pour les pouvoirs publics, le chef de l??Exécutif en tête, que l??émergence du Cameroun se gagnera avant tout sur le terrain cardinal des savoirs. Pas étonnant alors que le cinquième des ressources de l??Etat soit consacré en 2010 à l??amélioration de l??offre et de la qualité de la formation. On sait que quelque 7000 étudiants constituent les effectifs de l??Ecole normale supérieure de Maroua. Au total, une panoplie de mesures à la fois énergiques, denses et réalistes dont l??application judicieuse devrait permettre d??ouvrir de nouveaux horizons à un pays unanimement connu et reconnu pour son formidable potentiel qui ne demande qu??à être exploité. D??autant que les mesures visant à tempérer les chocs exogènes et à limiter leur impact sur l??économie nationale ont eu l??impact voulu, que l??inflation est contenue, et que la consommation des ménages a été stimulée pour une hausse des salaires et des effectifs dans l??administration. Le projet de loi soumis par le gouvernement à la sanction des députés est un test d??appropriation d??une nouvelle vision, un pari sur l??avenir. L??impératif de réussite commande de se ceindre les reins et de se jeter dans la mêlée. Avec engagement et détermination.
MAKON ma PONDI , CT
 

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