Crise anglophone: 300 millions de dollar pour financer l’aide humanitaire - 237online.com
Société

Crise anglophone: 300 millions de dollar pour financer l’aide humanitaire

Mark LOWCOCK, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires est formel : «Il y a urgence à accroître l’aide humanitaire et à la financer.

Un Camerounais sur six a besoin d’aide humanitaire, de protection, soit 4,3 millions de personnes, notamment des enfants et des femmes», a-t-il indiqué ce 13 mai lors de la réunion en formule Arria sur la situation humanitaire au Cameroun où, d’après lui, «huit régions sur dix sont touchées par la crise humanitaire».

Des crises multiples

Dans l’Extrême-Nord, la guerre contre la secte islamiste Boko Haram fait encore des ravages avec son lot de déplacés et la crise humanitaire qui sévit dans le camp des réfugiés de Minawao. Dans l’Adamoua, l’insécurité se mesure à l’aune de la prise d’otages avec demande de rançon et du vol de bétail. A l’Est, la situation sécuritaire est tout aussi préoccupante en raison des incursions répétées de rebelles venus de la République centrafricaine voisine. Que dire par ailleurs des remous sociopolitiques qui ont dégénéré en conflit armé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, conflit qui s’étend dans les régions du Littoral et de l’Ouest voisines ? On se souvient que la crise a commencé en novembre 2016 avec des revendications pour davantage de représentativité anglophone dans un pays à majorité francophone, avec un retour au fédéralisme. Une minorité de contestataires réclamait l’indépendance et la proclamation d’un nouvel Etat, l’Ambazonie. Face à l’intransigeance de Yaoundé et à la répression des manifestations pacifiques, le conflit s’est durci. Fin 2017, une partie des séparatistes a pris les armes et des combats les opposent depuis à l’armée. Aujourd’hui, «500 000 personnes sont des déplacés internes, la plupart restant cachées dans des forêts» et «plus de 600 000 enfants sont privés d’éducation» dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest concernées, selon Mark LOWCOCK.

Seulement 38 millions $ sur 300 millions disponibles

Face à la dégradation de la situation humanitaire, «nous avons besoin d’une riposte plus globale», notamment de financement international, a-t-il souligné. Les besoins sont de 300 millions de dollars mais seulement 38 millions ont été mis à disposition, a indiqué le haut fonctionnaire onusien qui, parodiant le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group, croit savoir qu’en vingt mois, le conflit a fait 1850 morts. Le Nigeria accueille 35 000 réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants, selon l’ONU. N’empêche que le ministère des Relations extérieures critique «l’obsession de certains pays et autres acteurs à agiter et exagérer le spectre d’une crise humanitaire» au Cameroun «dans le vain espoir de susciter une intervention dite humanitaire». Pour le représentant permanent de la France à ces assises, il est impératif que les civils soient protégés des violences, que le droit international humanitaire et les droits de l’homme soient respectés. Cet impératif s’impose à tous et n’est pas négociable. Il importe par ailleurs que des enquêtes impartiales soient menées pour faire la lumière sur les violations et que les responsables rendent des comptes devant la justice quelle que soit leur filiation.

Paris précise sa position

Le deuxième axe, a-t-il poursuivi, est la garantie des actions humanitaires sur l’ensemble du territoire. S’il est vrai que plus d’une personne sur six au Cameroun a besoin d’aide humanitaire, il faut dès lors tout faire pour garantir un accès humanitaire immédiat sans entrave et durable sur l’ensemble des personnes qui ont besoin d’aide, en particulier les femmes et les enfants, ainsi que le réfugiés et les déplacés internes qui sont dans une situation de grande vulnérabilité. Il est essentiel que les personnels humanitaires et médicaux puissent avoir accès à ces personnes, afin de mener une évaluation appropriée des besoins et d’apporter à ces personnes une assistance nécessaire. Enchaînant, le diplomate français a indiqué que le troisième axe d’action consiste à promouvoir la stabilisation des zones affectées du Cameroun, afin de mettre un terme à cette crise humanitaire, en appui des efforts des autorités camerounaises. Face aux facteurs divers qui contribuent à cette détresse humanitaire, les efforts de stabilisation doivent être à la fois concertés et complémentaires entre eux. C’est pourquoi la France appelle à poursuivre la lutte contre Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad. C’est pourquoi par ailleurs La France demande de continuer à œuvrer collectivement pour une paix durable en République centrafricaine. C’est pourquoi Paris appelle pleinement les autorités camerounaises à intensifier leurs efforts pour lancer un dialogue politique inclusif concernant les régions du Nord-Ouest et du SudOuest.

Une affaire purement camerounaise

La France appelle également l’ensemble des acteurs à cesser les violences et à assurer la restauration de l’Etat de droit. Les récentes annonces du Premier ministre camerounais sont à cet égard encourageantes, puissent-elles être mises en œuvre sans retard. La France, a-t-il ajouté, continuera à contribuer à la crise humanitaire au Cameroun tant à titre bilatéral que via l’Union européenne. «Le Cameroun est pour nous tous un partenaire essentiel et un pays clé dans cette région. Nous devons collectivement contribuer à lui apporter notre plein soutien pour l’encourager dans la voie du dialogue et l’aider à surmonter cette crise. Vous pouvez compter sur l’engagement déterminé en résolu de la France en ce sens». La situation humanitaire au Cameroun «n’est pas une menace pour la paix et la sécurité internationales» et «elle doit être gérée par le gouvernement camerounais», a ainsi affirmé Anatolio NDONG MBA, ambassadeur de Guinée équatoriale, membre non permanent du Conseil. Il s’exprimait aussi au nom des deux autres pays africains de cette instance, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire. «Ce sont les Africains qui doivent régler les problèmes africains», a-t-il ajouté, en évoquant plusieurs organisations régionales africaines. «Pour autant que les autorités camerounaises le souhaitent», a-t-il précisé.

L’indignation camerounaise

TOMMO MONTHE, à la tête de la mission permanente du Cameroun auprès des Nations Unies n’a pas manqué de rappeler que cette réunion sous formule Arria ne rencontre pas l’adhésion du Cameroun qui estime que le sujet débattu aurait pu indiqué dans le segment humanitaire du Conseil économique et social ou dans les débats sur les questions humanitaires à le 3e commission de l’Assemblée générale, voire lors d’une manifestation parallèle au cours de l’AG. «Beaucoup sont venus à la présente rencontre sans doute à la recherche de marchés pour leurs ONG en gonflant à souhait les chiffres des besoins humanitaires», s’est-il indigné.

Commenter avec facebook

Source
DETECTIVE N°1087
Tags
Afficher plus

Un commentaire

  1. Arrêtez de m’envoyer les liens svp j’en ai marre même si j’aime mon beau pays malheureusement je n’ai pas eu la chance d’avoir une vie là bas merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer