Economie

Covid-19: Voici comment le Cameroun a évité le piège du Fmi

Ficelé au départ comme s’il s’agissait d’un don, le dossier du Cameroun a été corrigé pour répondre aux critères de prêt au titre de Facilité de crédit rapide.

Le gouvernement bénéficiera ainsi de 135 milliards Fcfa pour faire face à la pandémie de l’heure. Dans sa course à la recherche des financements devant soutenir la lutte contre le Covid-19, le Cameroun est passé à côté d’une bien belle désillusion post-engagement. En effet, Comme beaucoup d’autres pays, le Cameroun a soumis un dossier auprès du Conseil d’administration du Fonds monétaire international en vue de l’obtention d’un financement devant servir à la lutte contre la pandémie. Sauf qu’au moment où le dossier était sur le point d’aboutir, le 27 avril dernier, la partie camerounaise s’est rétractée en demandant un report d’examen. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, représentant de l’Etat, est celui qui a demandé au Fonds de surseoir au projet soumis par le Cameroun.

« La première lettre est partie du Cameroun vers le 17 mars et le Fmi nous a répondu favorablement. C’est alors que les négociations ont commencé par visioconférence, le contexte ne permettant pas les déplacements. Ces négociations étaient sur le point d’aboutir, mais le 27 avril, en tant que représentant de l’Etat, j’ai trouvé à redire dans le projet soumis. Il s’agit de prêts et non de dons ; donc nous devons faire attention. C’est nous qui avons demandé le report, le temps de corriger rapidement certains détails », a expliqué Louis Paul Motaze au cours d’une conférence de presse mardi. Battant ainsi en brèche les rumeurs qui disaient que le dossier du Cameroun a été rejeté.

Pressions budgétaires

Même s’il faut se poser la question sur le fait que le Fmi était sur le point de valider le projet alors que celui-ci avait des manquements, toujours est-il le Cameroun s’est ravisé in extremis. Le Minfi n’a daigné s’étendre sur les détails qui ont été revus dans le dossier. Néanmoins, tout est rentré dans l’ordre. Le Fmi a accordé ce temps de révision souhaité par son partenaire et le dossier Cameroun a reçu approbation du Conseil le 4 mais 2020. Le Conseil d’administration de l’Institution de Bretton Woods a soutenu son accord en arguant que « Le Cameroun est confronté à de sérieux défis liés à la double pandémie de Covid-19 et aux chocs des termes de l’échange.

La faiblesse de la demande mondiale, la baisse des prix des matières premières et les mesures de confinement nationales pèsent sur les perspectives et entraînent des effets économiques et sociaux négatifs importants. Les chocs ont provoqué des pressions budgétaires importantes et un besoin urgent de balance des paiements ». Ce seront donc un peu plus de 135 milliards Fcfa décaissés au titre de Facilité de crédit rapide qui seront injectés dans la lutte anti-Covid 19 au Cameroun. « Il faut pouvoir soigner les Camerounais, relever le plateau technique des hôpitaux et faire face à toute autre action sur le plan sanitaire. Il revient aux autorités compétentes, notamment le ministre de la Santé publique, de nous dire quels sont les projets qu’il veut réaliser, quels sont les ses besoins et tout cela sera financé. Il y aura un contrôle et en tant que gouverneur du Fmi, je devrais faire un compte rendu périodique tous les six mois pour dire comment l’argent est utilisé », a souligné Louis Paul Motaze.

Achille KAMGA

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