Covid-19: Pourquoi devons-nous porter un masque de protection

Masque contre le coronavirus

Couvrir son nez et sa bouche d’une écharpe ou d’un foulard à défaut d’avoir des masques de protection à portée de main : nombreux sont les camerounais qui ont recours au système D pour se protéger du Covid-19. Mais ce réflexe est-il réellement utile ?

L’épidémie de nouveau coronavirus continue à prendre de l’ampleur dans le monde. Le virus a contaminé près de 180 000 individus à travers le monde. Sur le sol camerounais, le Covid-19 touche désormais près de 820 personnes ; 12 décès et 98 personnes guéries, selon les derniers chiffres officiels. Compte tenu de la situation, sur instruction du chef de l’Etat, Joseph Dion Ngute, premier Ministre, chef du Gouvernement a annoncé 07 nouvelles mesures le jeudi 9 avril 2020, au terme d’une réunion interministérielle du comité chargé de la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de lutte contre le coronavirus. Ces 7 mesures qui visent à freiner la propagation du Coronavirus, viennent ainsi renforcer les 13 autres prises par le gouvernement il y a quelques semaines. Entre autres, la généralisation du port du masque à compter du lundi 13 avril 2020 dans tous les espaces ouverts au public. Le ministre des Transports avait déjà exigé le port du masque de protection aux usagers des transports publics La maladie se transmet par le biais de postillons (éternuements, toux…). Avec donc l’épidémie de coronavirus, nombreux sont les spécialistes qui pensent que se protéger la bouche et le nez avec un masque de qualité est un bon moyen de prévention contre le virus.

Ils protègent uniquement pendant quelques heures

Avant de sortir, de nombreuses personnes se munissent ainsi d’une écharpe ou d’un foulard, en guise de masque de protection, pour le placer devant leur bouche et leur nez. Leur but ? Protéger les autres et échapper à la contamination du Covid-19. Ce virus se transmet par l’intermédiaire de sécrétions nasales, de postillons, de gouttelettes lorsque l’on parle, tousse ou éternue, mais aussi par le biais de surfaces inanimées ou d’objets infectés que l’on touche au quotidien, tels que les poignées de porte, les téléphones ou le courrier. Les camerounais plaquent ainsi une écharpe ou un foulard sur leur bouche et leur nez pour « faire barrage » au Covid-19 et pensent que ce geste est aussi efficace que les masques chirurgicaux. Pourtant, il faut savoir que la durée de vie des masques de protec- tion, à usage unique, est estimée à quelques heures seulement. Après quelques heures d’utilisation, les masques médicaux n’ont plus leur « effet barrière » qui permet de filtrer les bactéries et de protéger des virus. Il faut ainsi le jeter.

Pour certains, porter une écharpe ou un foulard ne sert à rien

Qu’en est-il alors des écharpes et des foulards ? Les avis divergent au sujet de ce réflexe. Certains médecins estiment que placer un cache-nez ou un cache-col devant son nez ne protège pas du nouveau coronavirus car le virus Covid-19 est infime. Il peut ainsi s’infiltrer et passer à travers la maille trop large de l’étoffe, indique un infectiologue de l’Hôpital central de Yaoundé qui a requis l’anonymat. En effet, le virus ne mesure que 60 à 140 nanomètres, selon une étude chinoise publiée le 20 février dernier, et est donc microscopique.

Pour d’autres, le port d’une écharpe reste utile et efficace

D’autres médecins considèrent que ce geste protège tout de même du virus et qu’il est préférable d’y avoir recours que de ne rien mettre. Le Dr Gaëlle Tenda, médecin généraliste, et Gilles Wamba, pharmacien au centre de santé le Jourdain à Yaoundé, interrogés par le reporter du quotidien Le Messager, sont du même avis. Ils estiment que couvrir son nez et sa bouche d’une écharpe est utile « mais il faut que l’écharpe soit nettoyée, lavée. Si on a toussoté dedans, elle garde elle aussi les virus ».

Le masque artisanal plébiscité

Le Cameroun ne confine pas sa population, qui vit en grande partie de l’informel où l’on « donne la popote avec les revenus de la veille », comme l’a dit le géographe, KennéFodouop. A 1500 Fcfa, l’achat quotidien de protections faciales représente un coût. Alors l’alternative artisanale est plébiscitée, d’autant qu’il y a des couturiers partout. Installé devant son atelier, Victor Wansi fabrique des masques avec ses apprentis. « J’ai eu une commande de plusieurs centaines », confie-t-il à travers son « cache-nez », penché sur sa vieille machine à coudre.

Sur les réseaux sociaux, des voix critiquent toutefois l’absence de sensibilisation sur l’utilisation du masque, porté parfois sous le menton, ou gardé plusieurs jours. Aucune communication n’a encore été faite par le ministre de le Communication et son homologue de la Santé publique dans toutes les langues du pays, pour amener les camerounais à porter les masques dans tout le triangle national, dès le lundi 13 avril 2020. Attention toutefois, insiste Aristide Bitouga, expert en santé publique, « le masque donne l’impression qu’on est protégé. Or il est efficace si les autres gestes barrières sont bien respectés ». C’est loin d’être le cas.

Elvis Serge NSAA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *