Union de Douala, dernier club camerounais à avoir remporté une coupe d??Afrique (1981), a renoué cette saison avec la campagne africaine après quelques saisons d??absence. Son come-back sur la scène africaine a été douloureux. Union de Douala a été balayée aux 16es de finale par Entente Sétif d??Algérie. Défait à Douala, il y a deux semaines (2-0), le club de New-Bell a sombré vendredi dernier à Alger (5-0). Les mauvais résultats d??Union en ligue des champions symbolisent la fragilité des clubs camerounais en compétitions africaines de club. Cela fait 30 ans qu??aucun club du terroir n??a plus glané de lauriers sur la scène africaine. Au cours de ces
dix dernières années, seul Coton de Garoua a pu se hisser deux fois en finale de la ligue des champions en 2008 et de la Coupe de la CAF cinq ans plus tôt. Chaque fois, l??équipe de Garoua a perdu. En 2000 et 2002, Canon de Yaoundé et Tonnerre, habitués des joutes continentales, avaient également pu disputer des finales, malheureusement perdues, respectivement face au Zamalek et à la JS Kabylie. Le week-end dernier, Tiko United et Union de Douala en ligue des champions, Panthère du Ndé en coupe de la Confédération, ont été éliminés au stade des seizièmes de finale. Seul Coton Sport va poursuivre son aventure africaine. Mais, les choses n??ont pas été faciles pour Denis Lavagne et ses poulains. La qualification de Coton dans la douleur sonne comme un avertissement. Sa présence évite néanmoins au Cameroun de se retrouver dans la même situation que la Côte d??Ivoire. Les quatre représentants ivoiriens ont été rayés de la carte, là où l??Egypte fait le plein. Qu??est-ce qui explique la déroute des clubs camerounais en coupes d??Afrique ? Le Cameroun peut-il sortir de cette crise ? Le championnat camerounais est-il compétitif ? Les footballeurs évoluant au pays ont-ils de la valeur ? Commençons par cette dernière question. Le Cameroun produit encore de bons footballeurs. La preuve ? La plupart d??entre eux font les beaux jours des clubs algériens, congolais, angolais. Pour l??anecdote, c??est un jeune camerounais, Alfred Mfongang, qui a éliminé Panthère du Ndé, samedi dernier. Le sociétaire d??AS Vita Club, déjà flamboyant au match- aller à Yaoundé, est l??auteur des trois buts de son club à Kinshassa. Avec une organisation plus attractive (bons salaires, respect des joueurs, infrastructures de qualité) du football local, ces footballeurs pourraient faire les affaires des clubs camerounais. Le constat est clair. Seules les équipes bien structurées remportent les trophées. C??est le cas notamment d??Al Ahly, Zamalek, Enyimba, Raja, JS Kabylie, Espérance de Tunis, Tout-Puissant Mazembe. Le football africain des clubs est dominé par l??Egypte, la Tunisie, l??Algérie, le Maroc et depuis quelques saisons par la République démocratique du Congo et le Nigeria. Mais, l??année dernière, le Stade malien (Mali), a gagné la coupe de la Confédération, réussissant là même où les clubs camerounais trébuchent toujours. Le Cameroun vit un véritable paradoxe. Présent avec son équipe nationale, il est presque absent avec ses clubs. La bonne santé des clubs reflète la bonne organisation du championnat du pays concerné. L??urgence d??une restructuration du championnat s??impose parce que les compétitions africaines relèvent du haut niveau avec les exigences que cela suppose : les staffs techniques outillés, les équipes médicales assermentées, les joueurs talentueux, un appui massif des institutions d??accompagnement que sont, dans le cas d??espèce du Cameroun, le MINSEP et la Fécafoot, une organisation administrative professionnelle des clubs… Le Cameroun est appelé à mener une réflexion en profondeur s??il veut renouer avec des bons résultats en coupes d??Afrique. C??est la conclusion du dossier de C.T consacré à la déchéance des clubs camerounais sur la scène continentale.
Ne manquez aucune actualite !
Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop



