COP21: Le Cameroun s’engage à réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035

Comme la plupart des pays africains, le Cameroun est victime des effets négatifs du réchauffement de la planète.
Les conséquences des changements climatiques sur le triangle national sont multiples et variées. C’est ainsi que dans la zone soudanosahélienne, la température augmente au fil des ans, tandis que la pluviométrie continue de baisser, entraînant une inexorable avancée du désert. En conséquence, la ceinture de production de certaines cultures comme le coton et le maïs s’est déplacée de plusieurs centaines de kilomètres vers le Sud, exposant une large partie des régions septentrionales à un déficit chronique de production agricole. Un gap que s’efforce de combler chaque année le gouvernement avec le concours de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Sur sa façade atlantique, le Cameroun est confronté à la dégradation des écosystèmes littoraux en raison de l’ensablement sédimentaire, des inondations et de la montée des eaux salées. Dans la partie Sud du pays, la conservation et l’exploitation écologiquement rationnelle de la forêt tropicale soulèvent de nombreux problèmes en raison de l’importance de ce secteur pour l’économie nationale.
Face aux effets néfastes des changements climatiques, les autorités camerounaises ont adopté un train de mesures. Elles vont de la mise en place d’un dispositif institutionnel efficace, aux actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation, en passant par la lutte contre la désertification. Sur ce dernier point, il convient de préciser qu’en prélude à la COP21, le Cameroun s’est engagé à réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035. Au plan institutionnel, on notera la création en 2004 du ministère de l’Environnement et la Protection de la nature (MINEP). Cette administration est chargée de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’évaluation de la politique gouvernementale en matière d’environnement.

Mesures préventives
En vue de lutter spécifiquement contre les changements climatiques, le chef de l’Etat a créé en 2009 l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC). Cet établissement public placé sous la tutelle technique du MINEP a pour missions entre autres :
d’« établir les indicateurs climatiques pertinents pour le suivi de la politique environnementale ; dresser le bilan climatique du Cameroun ; collecter, analyser et mettre à la disposition des décideurs les informations de référence ; sur les changements climatiques au Cameroun ; proposer des mesures préventives de réduction d’émission de gaz à effet de serre, ainsi que des mesures d’atténuation et/ou d’adaptation aux effets néfastes liés aux changements climatiques ; servir d’instrument de coopération avec les autres observatoires régionaux ou internationaux ».
L’autre structure qui concourt de manière substantielle à la réalisation de la politique du président Paul Biya en matière de lutte contre les réchauffements climatiques, c’est le ministère des Forêts et de la Faune. Cette administration qui a vu le jour en 2004 joue un rôle d’autant plus important que le Cameroun possède le deuxième massif forestier d’Afrique. Les forêts couvrent 22,5 millions d’hectares dont 40% du territoire. Par ailleurs, le triangle national abrite l’une des faunes les plus riches et les plus variées du continent et se classe au 5e rang en Afrique du point de vue de la biodiversité, après la République Démocratique du Congo, Madagascar, la Tanzanie et l’Afrique du Sud.

Impératif de solidarité
Convaincu que le phénomène mondial des changements climatiques requiert des solutions globales, le président Paul Biya a toujours accordé une place de choix à la coopération internationale dans le combat pour la réduction du réchauffement à l’échelle de la planète. C’est dans cette logique que le Cameroun est membre fondateur de la Commission des forêts d’Afrique centrale, qui vise la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers et des savanes d’Afrique centrale.
De nombreux pays en développement comme le Cameroun jouent un rôle important dans la lutte contre les changements climatiques. C’est pourquoi ils ont toujours plaidé pour un transfert de technologies écologiquement rationnelles pouvant favoriser l’environnement. Pour le chef de l’Etat, « il s’agit là à proprement parler d’un devoir, sinon d’un impératif de solidarité internationale ». Un impératif qui doit être compatible avec les exigences du développement durable et l’éradication de la pauvreté dans les pays du Sud. C’est le cas de ceux du Bassin du Congo, qui consacrent de lourds sacrifices pour entretenir et régénérer la deuxième réserve forestière mondiale, le deuxième « poumon » de la planète après l’Amazonie.

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